Benoit Bretteville : Islamophobie ou prolophobie – Discussion 10 mars

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10 réponses

  1. Bel-Air dit :

    Brillant ! Approche analytique, crue et dépassionnée. J’aime !

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  2. Bel-Air dit :

    Si on pouvait avoir des femmes et hommes politiques aussi éclairés… snif

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  3. Karima dit :

    Texte très bien fait, et c’est la réalité

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  4. Bill dit :

    @tous
    Je vous conseille de lire l’article dans son intégralité. Malgré la longueur de l’article restant, j’ai sabré (avec beaucoup de difficultés 😉 des parties aussi intéressantes. Notamment lorsqu’il explique la différence de perception des immigrés en fonction du contexte et fait une comparaison sur l’émigration russe et arménienne.

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  5. Bill dit :

    A travers cet article, on voit que chaque vague d’immigration a connu ses difficultés, ses préjugés et prétendues « difficultés » d’intégration. La différence est que ces immigrés ont pu travailler, faire vivre leur famille, éduquer leurs enfants et potentiellement offrir un meilleur avenir à leurs enfants nés ou devenus français. 
    Maintenant, avec un ascenseur social en panne, les enfants de travailleurs pauvres ou chômeurs ont beaucoup moins de chances de trouver leur place dans la société économique (et n’ont plus la nationalité automatique). On rajoute à cela le fait qu’ils soient relégués sur un territoire « ghetto » et après on ne comprend pas qu’ils ne maitrisent pas les codes de notre société alors qu’ils n’y sont admis qu’à la marge et que la relégation territoriale les coupe de la société française moyenne.

    Au final, quelles sont leurs références quand on parle de république ? D’égalité des droits ? De démocratie ? De culture ? Que fait-on pour leur faire aimer leur pays ? Rien. Ce problème n’est il lié qu’aux émigrés ? Non. Allez faire un tour dans les milieux ruraux ou dans toutes les villes, vous trouverez des français pauvres, limite analphabètes, très éloignés de la place publique, très dépendants des services sociaux et inadaptés à notre société de performances. Et statistiquement, les chances que leurs enfants reproduisent le modèle sont très élevées…

    Ce problème ne se pose pas dans les familles avec des racines étrangères qui ont pu accompagner leurs enfants dans leur scolarité et pour comprendre le système français. Leurs enfants ont réussi leur intégration dans la société française aussi bien (ou mal) qu’une famille moyenne plus ancienne.
    On dit souvent que les enfants de professeur sont ceux qui réussissent le mieux leur scolarité grâce à leur connaissance du système. Une famille pauvre, marginalisée socialement, sans expérience du système éducatif et quelle que soit la religion (ou pas) pratiquée (ou pas) aura beaucoup moins de chance de voir sa situation sociale s’améliorer.
    Cela me semble le combat de base à mener pour une vraie égalité des chances.

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  6. suger dit :

    L’analyse de Benoît Bréville est intéressante, mais elle a le défaut de reprendre une approche qui donne la priorité aux positions sociales, aux « classes sociales », et de sous-estimer le rôle des valeurs (et donc, pour certains, des religions) dans les comportements des individus.
    Je pense que l’article de Jean Birnbaum dans « Le Monde » du 3 mars apporte des élèments nouveaux et bien plus éclairants.
    Quelques extraits de cet article :
    « Les femmes et les hommes qui peuplent (les) groupes militants (de la gauche française), ses cercles de réflexion ou ses cabinets ministériels en sont revenus à une conception rudimentaire de la religion : quand ils s’y intéressent, c’est pour la rabattre immédiatement sur autre chose qu’elle-même. A leurs yeux, la religion n’est qu’un symptôme du malaise social, une illusion qui occulte la réalité des conflits économiques. Leur idée de la croyance religieuse relève ainsi d’une vulgate marxisante qui (…) ne rend pas justice à Marx, dont la pensée sur le sujet est bien plus riche.
    Incapable de prendre la religion au sérieux, comment la gauche comprendrait-elle ce qui se passe actuellement, non seulement le regain de la quête spirituelle mais surtout le retour de flamme d’un fanatisme qui en est la perversion violente ? »
    « Evidemment, il n’est pas question de nier que le djihadisme ait des causes économiques et sociales. Mais à ignorer sans cesse sa dimension proprement religieuse, on se condamne à l’impuissance. Les fous de Dieu le répètent : ce qui est en jeu, dans leur esprit, c’est une certaine polarisation du sacré et du profane, un partage du bien et du mal. Et ce qui devrait intriguer tous ceux que cette violence frappe, c’est moins ses racines sociales que sa remarquable autonomie par rapport à elles. »
    http://www.lemonde.fr/idees/article

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  7. Bill dit :

    Le lien proposé par Suger sur le Monde étant réservé aux abonnés, vous trouverez l’article en intégralité ici

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  8. Bonjour,
    Militant anarchiste à Saint-Denis depuis plus de 40 ans et initiateur de la Dionyversité, l’université populaire de St-Denis, je tiens simplement à préciser que notre intervention pour relancer les Amis du Monde Diplomatique s’inscrit dans une démarche laïque, rationaliste et anti-religieuses (au pluriel).
    Pour compléter les commentaires de l’abée « Suger » nous ne pensons pas que la spiritualité de par son irrationalité puisse être un critère de compréhension du Monde. Cela ne veut pas dire que la spiritualité ne soit pas un espace d’équilibre pour certains ou certaines mais tout simplement que ce n’est pas à partir de ce concept que l’on pourra réaliser une société faite de fraternité et de compréhension… Tout au contraire et c’est pour cela qu’il faut combattre TOUTES les religions cherchant à intervenir sur le champ politique.
    Notre propos en appelant à un débat sur « islamophobie ou prolo-phobie » était bien de remettre en place des clés simples de compréhension de la situation actuelle et comme le dit Benoit Bréville de constater, tout simplement, qu’une immigration, qu’elle soit Bretonne, Belge, Italienne, Portugaise, d’Algérie ou du Sénégal ne pourra intégrer les valeurs morales et sociales issues de notre histoire et de nos luttes qu’à partir de l’instant ou l’activité salariée lui permettra d’avoir une place dans la société.
    En d’autres termes, la problématique actuelle est sociale et non pas sociétale.
    Jean-Claude

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  9. suger dit :

    Il n’y a pas d' »abée » ni d’ailleurs d’ « abbé suger » sur ce blog, par contre il me semble que la Dionyversité est une association qui à travers des conférences cherche à susciter les débats et non à caricaturer les analyses de ceux qui y participent. La démarche de Jean Birnbaum est, elle aussi, une démarche laïque et rationaliste faite pour comprendre le réel et non pour définir ce que devrait être une société future…
    Il tente de rappeler qu’une analyse uniquement en termes de positions sociales (les « rapports de production » comme disent les marxistes) est vouée à l’échec. En effet, la dimension idéologique doit aussi être prise en compte pour comprendre les comportements individuels et collectifs. Cette dimension idéologique renvoie à l’attachement à des idées (antiracisme, féminisme, rationalisme, défense des libertés de pensée et d’expression ou leurs contraires…). Chaque individu, groupe d’individus ou société a ainsi sa propre culture (au sens des sociologues, un ensemble de valeurs et de normes de comportements) et cette culture, dont les religions, n’est pas réductible à des positions sociales.
    C’est en prenant aussi cet aspect que la réalité de nos sociétés est compréhensible et que l’on peut agir en faveur des droits humains contre ceux qui s’y opposent.

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  10. cording dit :

    Spiritualité c’est selon le Robert « caractère de ce qui est spirituel, indépendant de la matière » Il me semble qu’il ne faut pas confondre spiritualité et religiosité sous toutes ses formes qu’elles aient une transcendance ou pas. C’est pourquoi on peut dire que le communisme fût une religion terrestre puisqu’il nous promettait un avenir radieux qui non seulement n’est jamais advenu mais a sombré dans l’une des pire dictatures du XXè siècle.
    De nos jours il semble que l’Europe soit devenu une croyance de type religieuse puisqu’en discutant ce dimanche avec un militant socialiste j’ai encore entendu de sa bouche les illusions répandues au nom de l’Europe depuis le traité de Maastricht en 1992.
    Je crains que même notre ami anarchiste ne croie, un peu tout de même, en l’Europe parce qu’elle est sensée dépasser les états et les nations mais en créant un monstre bureaucratique sans réel consentement populaire voire un déni démocratique comme celui du 29 mai 2005. Il est vrai que le peuple votant « mal » nos élites se permettent de ne pas en tenir compte. De plus la négation des états et des nations ne fait que produire son effet inverse: un nationalisme de plus en plus fort tel le Front national. Cependant en raison du vieux slogan anar « élections, piège à cons », alors qu’il ne peut être favorable à cette Europe-là mais il ne peut vraiment la combattre et doit se contenter de voir en oeuvre tous ses aspects malfaisants. Au moins il n’a pas cette illusion propre à toute la gauche de la transformer de l’intérieur, par une « Europe sociale » ce vieux mensonge, ce faux prétexte pour entériner tous les règles d’airain du libéralisme économique inspiré de Margaret Thatcher et Ronald Reagan donc une pensée de droite, gravée dans le marbre des textes fondateurs

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