Le JSD du 30 juin nous révèle une information intéressante. Assez loin de nos préoccupations immédiates mais tout de même d'actualité.

Il s'agit de la reconduction du contrat de délégation du service public de l'eau à Véolia pour douze ans. Le montage, tel que l'expose le JSD est le suivant : La compétence est déléguée par le Maire à Plaine Commune, qui le délègue à son tour au SEDIF (établissement public qui gère le service de l'eau de 144 communes de la région parisienne), qui le délègue pour finir à Véolia.

C'est donc cet opérateur privé qui à la charge de l'eau dans notre commune, le même qui est censé procéder à l'enlèvement des ordures ménagères ...

L'article nous indique que les élus de Plaine Commune, tout en réfléchissant au retour d'une gestion de l'eau en régie publique et à une sortie du SEDIF, ont voté à bulletins secrets le 23 juin pour la reconduction du contrat avec Véolia ... Un choix que critique le conseiller municipal de Saint-Denis Majid Messaoudene regrettant que "le reste des élus communistes de Plaine Commune (Villetaneuse, La Courneuve et Stains) n'a pas voté de manière cohérente avec ce qui est défendu à Plaine Commune depuis des années"

Ce débat n'est pas sans entrer en résonance avec les soucis que nous rencontrons actuellement avec le ramassage des ordures ménagères.

N'est-il pas temps de constituer une grande régie publique de l'environnement (eau et propreté) couvrant les besoins en ce domaine des différentes communes de l'agglomération ?

Deux arguments semblent aller dans ce sens, celui de la légitimité et de l'efficacité. La légitimité parce que la gestion de la propreté et de l'eau relève de l'intérêt général. L'efficacité parce que l'eau et la propreté ne sont pas des marchés comme les autres.

Si l'intérêt général est comme le définissent les juristes "ce qui est pour le bien public", il revient alors à la collectivité et à ses représentants élus de veiller à ce qu'il soit respecter. Or, un opérateur privé n'est que le représentant de ses propres intérêts. On ne peut lui reprocher, mais on ne peut exiger de lui le même sens de l'intérêt général que ne l'aurait un opérateur public dans les domaines en relevant. Par ailleurs, et logiquement, la délégation de service public telle qu'elle se pratique dans le domaine de la propreté et de l'eau éloigne la population mais aussi les élus, d'une possibilité de contrôle direct sur leur environnement. La Cité perd ainsi la maîtrise de son bien-être. C'est un choix politique et écologique contestable. 

En ce qui concerne l'efficacité économique, l'association de consommateurs L'UFC "que choisir ?" à plusieurs fois épinglé la tarification pratiquée par les opérateurs privés avec des marges supérieures à 50 % contre 10 et 15 % pour les villes en régie publique. Bien que sujette à appels d'offre tous les douze ans, la constitution de monopoles privés temporaires reste problématique. Le monopole privé, temporaire ou non, est une défaillance du marché et à ce titre il conduit à une production sous optimale des biens et des services : surcoûts, surprofts, mauvaise allocation des ressources etc ...

Cyril