I. Participants
Préfecture et forces de l'ordre :
- Préfet, Mr Lambert
- Sous-Préfet, Mr Dubaut
- Directeur de la police du département, Mr Prunier
- Commissaire divisionnaire du commissariat de Saint Denis, Mr Bobrowska
- Directeur de la Police Judiciaire du 93
- « Motards » du 93
- Direction du Renseignement
Elus :
- Elus de la majorité : Adjoints au maire de St Denis, Mr Peu et Mme Haye et conseiller municipal Mr Russier
- Elu de l’opposition, Mr Sal)
Comité d'habitants et associations :
- Comité d'habitants associés à Sans Crier Gare (différents collectifs de riverains de différents secteurs du centre historique, Saint-Denis & Environnement, Comité de la Porte de Paris et des Riverains du Stade de France)
- Représentants de l'association Contre La Violence à Saint-Denis et Plaine Co
II. Intervention du préfet et des différentes forces de l'ordre
1. Préambule : Mr le Préfet
Il commence la réunion par nous préciser qu’une nouvelle réunion sera organisée au début du mois de septembre.
2. Intervention du Directeur de la Police du Département, Mr Prunier
Rappelle quelques chiffres :
- 60 % des patrouilles proviennent du reste de la police d’agglomération parisienne, les 40 % restants sont du ressort du commissariat de Saint-Denis
- Baisses de 4 % de la délinquance générale et de 20 % de la délinquance de proximité
- Le taux d’élucidation des « affaires » est de 67 % dans le secteur de la gare
- Baisse de 35 % des agressions (80 au lieu de 135 l’année dernière sur la même période)
Il y a eu récemment deux faits marquants :
- 20 interpellations sur la gare routière (7 personnes ont été écrouées, et s’ajoutent au 6 autres suite à l’intervention de janvier dernier ; ce qui porte le nombre à 13 « meneurs » antillais qui ont été emprisonnés)
- Opération de contrôle des commerces avec des fermetures immédiates dans la soirée. Certains ont rouvert le lendemain mais la procédure suit son cours.
Mr Prunier a conscience que le problème n’est pas réglé pour autant, mais cela continuera et s’intensifiera pendant la période estivale.
Enfin, il indique que le « problème » du 29 rue Delaune semble résolu.
3. Intervention du Commissaire divisionnaire, Mr Bobroswka
Il indique que les magistrats du tribunal de Bobigny exercent un suivi particulier au niveau du trafic de crack : ils sont très investis et vigilants.
Suite aux diverses interpellations, il semble que les bandes installées autour de l’église neuve et dans les rues Connoy/République veulent reprendre la place laissée vacante.
Le travail de sécurisation continue :
- renfort de patrouilles
- intégration d’autres rues (Charles Michels et Connoy notamment)
La gare reste la priorité du « plan stup » mais le commissariat de St Denis ne se contente pas de ce secteur. Le travail s’intensifie au niveau des squats, des commerces (à ce sujet, des demandes de fermetures administratives sont en cours), des débits de boissons, …. Très forte présence : « on ne lâchera pas » affirme-t-il. Le préfet confirme que Mr Bobrowska « aura les moyens de continuer » d’agir non seulement au niveau de la drogue mais également au niveau des nuisances diverses.
Intervention du Directeur de la police judiciaire
L’une des personnes les plus recherchées sur le secteur (un cap verdien, probable auteur de l’homicide du 22 juin 2008 sur le parvis de la gare) a été arrêtée le 17 juin dernier avec deux personnes de son entourage.
Un autre intervenant nous informe que l’un des marchands de sommeil les plus puissants dans
Saint Denis a été placé en garde à vue : la répression est donc enclenchée.
4. Intervention du représentant des « motards du 93 »
Patrouille sur la RN1 : forte intervention de la porte de la Chapelle au Stade de France.
5. Intervention du représentant des Renseignements Généraux
Les établissements qui posent problème aux yeux des habitants ont été identifiés et sont systématiquement contrôlés. Il rappelle la nécessité de travailler avec les habitants.
Des résultats probants devraient avoir lieu à la rentrée prochaine.
III. Intervention des élus
1. Intervention de Florence Haye
Mme Haye indique que la mairie a renforcé son action sur le quartier « gare » :
- la police municipale réalise un très gros travail du côté de la rue Charles Michels au niveau du stationnement (notamment du côté de l’église évangéliste le dimanche),
- création de 4 postes de policiers municipaux sur le centre ville/gare (actuellement en cours de recrutement, en fonction a priori à la rentrée)
- renforcement de l’éclairage autour de l’église neuve
- mise en place d’une équipe spéciale par Plaine Co pour les encombrants (sic)
Elle demande que la DDASS soit conviée à ces réunions.
Elle obtient la confirmation de Mr le Préfet de la création de 26 UTEQ, mesure annoncée par le Ministre de l’Intérieur : certaines seront en effet prévues sur St Denis mais qu’elles ne seront pas « limitées » à un seul et même quartier. Elles seront mutualisées.. Il réaffirme également que ce seront des policiers en tenue qui seront sur la voie publique (à pied ou à vélo).
Mr Bobrowska confirme que le secteur a été un peu pacifié : aucune agression envers les policiers n’est à déplorer alors qu’il était quasiment impossible de patrouiller en 2008 autour de la gare.
2. Intervention de Stéphane Peu
Il mesure le chemin parcouru, et complète l’intervention de Mme Haye au sujet de l’intervention de la mairie :
- bâtiments insalubres sur la rue du Port : la mairie a demandé à la RATP de les détruire le plus vite possible car il y a un très fort risque de squat (avéré dès maintenant). Selon Mr Peu, la RATP ne semble pas prendre conscience de l’urgence de la situation. Il semble que le blocage ne concerne que 3 personnes qui restent à reloger. Il demande la convocation de la RATP par le sous-préfet et la mairie.
Le préfet s’engage à faire le nécessaire et de contacter la RATP
- 4/6 rue Charles Michels : un courrier a été envoyé à l’OPHLM gérant l’immeuble. Un rendez-vous est prévu le 6 juillet prochain afin de faire le point avec le bailleur sur les aménagements (notamment au niveau du passage) à entreprendre ainsi que sur les locataires « commerciaux » qui posent problème
- Action très forte sur les commerces (notamment au niveau de l’hygiène) en parallèle de celle menée par la police
Il demande à ce que de la « publicité » soit faite sur l’arrestation du fameux marchand de sommeil dès que possible afin que cela dissuade les autres.
Enfin, il termine son intervention en indiquant que la mairie est prête sur le plan opérationnel pour la mise en place du PNRQAD : il est urgent que le ministre signe la convention pour pouvoir commencer.
3. Intervention de Laurent Russier
Il rappelle :
- qu’un arrêté contre la consommation d’alcool a été pris depuis longtemps : il est nécessaire de travailler en commun sur ce problème
- que la rue Saint Clément est un nouveau lieu de deal très important
- que des fonds ont été votés pour améliorer l’éclairage dans les rues Suger et Dézobry (suite au travail fait avec les habitants du quartier)
- qu’il est nécessaire de faire un règlement sur l’étalage (notamment au niveau de la rue de la république)
Il termine par dire que selon lui l’association PROSE est devenu un véritable référent sur le quartier et qu’il est nécessaire de l’accompagner : les fonds doivent être pérennisés.
IV. Intervention du comité d'habitants associé à Sans Crier Gare
Suite à plusieurs réunions entre différents riverains, un support synthétisant les points positifs, les alertes et les demandes des habitants a été formalisé par "Sans Crier Gare".
Le document a été remis à la préfecture une semaine auparavant afin de laisser à la préfecture et aux forces de l'ordre le temps nécessaire de préparer les réponses attendues.
Ce document a été également remis en séance à tous les participants.
0. Comité d'habitants
Samira - Association « Sans Crier Gare »
Stéphanie - Secteur « Rue Dézobry »
Yves – Secteur « Rue Auguste Delaune »
Claude - Secteur « Rue Fontaine/République »
Françoise B. – Secteur « Rue Émile Connoy/Rue Courte/Rue Gibault »
Christian – Collectif « Rue Gabriel Péri/Rue des Ursulines »
Lysiane – Secteur « Les docks de Saint-Denis, Rue Denfert Rochereau »
Sophie - Association « Saint-Denis & Environnement »
Roland – Comité « Porte de Paris »
1. Représentante de l'association « Sans Crier Gare »
L’association rappelle le « laisser faire » général présent depuis de nombreuses années dans le quartier et dans la ville en général : « il y a de sacrés chantiers à Saint Denis, l’été va être chaud ». Mais l’association continuera le travail qu’elle a entrepris.
Elle indique que :
- les dealers de crack reviennent en puissance (exemple au square Brise Echallas)
- la rue Charles Michels subit toujours de graves nuisances notamment au niveau de l’épicerie (réouverture de celle-ci de nouveau au-delà de 21h30)
- les rues Connoy et Fontaine vivent un véritable enfer quotidien.
- Suite à l'intrusion suivi de vol à l'école maternelle Brise Echalas, les fenêtres côté square doivent être sécurisés (barreaux).
2. Représentant du secteur « Rue Auguste Delaune »
Yves D. demande l’autorisation de fermer la sortie vers le 8 rue Dézobry : le fait que cet immeuble donne accès à deux rues différentes (comme le 29 rue Delaune) est un véritable problème. De plus le 4 rue Delaune est un repère de marchands de sommeil notoires qui laissent l’immeuble se dégrader.
Mr le Préfet réitère le souhait d’avancer sur les marchands de sommeil et précise que le 6 juillet prochain un Comité élargi de lutte contre toutes les fraudes (y compris les marchands de sommeil) va être mis en place.
Il informe de la situation au 7 rue Ernest Renan où le dernier étage en travaux est squatté par des dealers. Mr Bobrowska précise qu’une intervention aura lieu dès le soir même.
3. Représentante du secteur « Les docks de Saint Denis, rue Denfert Rochereau »
Elle explique le quotidien des habitants de cet immeuble : deals et consommation sur le quai juste sous leurs fenêtres, menaces et insultes, ….
Plusieurs démarches ont été entreprises pour sécuriser l’immeuble : maître chien, arrêt des codes. Il y a un véritable engagement de la copropriété, mais certains inconvénients ne sont pas de leur ressort : problème d’éclairage, de nombreux bosquets et arbres créent des zones d’ombre et des cachettes, le mur d’enceinte n’empêche pas les intrusions au niveau des ateliers, …
S. Peu précise que la mairie est intervenue auprès de Bouygues : elle a demandé le dégagement d’une enveloppe supplémentaire pour remettre le mur à une hauteur plus protectrice au niveau des ateliers du rez-de-chaussée. Un travail devrait également être entrepris sur les bosquets, Bouygues ayant décidé de réaliser les travaux.
L’habitante termine son élocution en indiquant les difficultés rencontrées lorsque les habitants appellent le 17 pour signaler les nuisances : cela n’a débouché sur aucune intervention.
Mr Bobrowska précise qu’il va se rendre sur les lieux la semaine prochaine et intégrer le secteur dans les zones de patrouille et dans les demandes de réquisition au niveau du parquet.
4. Représentante du secteur « Rue Émile Connoy/Rue Courte/Rue Gibault »
Elle aussi explique les difficultés quasi quotidiennes :
- deals en pleine rue au vu et au su de tous,
- bandes présentes de jour comme de nuit,
- présence de toxicomanes dès le début de la journée, les dealers arrivant ensuite,
- très fortes nuisances.
A cela s’ajoute la non intervention de la police, notamment au niveau du 17. Le 17 juin dernier par exemple il lui a été répondu « qu’il y avait des choses plus graves, que le préfet disait ce qu’il voulait mais qu’eux faisaient comme ils le souhaitaient, qu’aucune patrouille ne serait envoyée et que l’appel ne serait même pas enregistré ». Le préfet, et Mr Prunier, précisent qu’une enquête va être menée sur cet évènement.
5. Représentant du secteur « Rue Fontaine/République »
De nouvelles incrustations ont lieu dans cette rue (l’après-midi même, au moins 15 personnes étaient présentes devant le 1 rue Fontaine) ; cela semble être les séquelles du noyau dur dorénavant installé rue Connoy.
Le phénomène qui avait eu tendance à diminuer, revient en force.
6. Représentant du comité « Porte de Paris »
Il rappelle qu’autour du square Degeyter les phénomènes suivants sont très présents :
- vols à la roulotte,
- racket des petits commerces par des dealers.
Cela devient également une zone de consommation.
Le préfet intervient pour préciser l’action sur les campements de Rom dans ce secteur et rappelle qu’il y a actuellement un effort très important de réalisé (4 évacuations par semaine).
V . Intervention de l’Association contre la violence
Note plusieurs problèmes :
- le rodéo des deux roues qui devient vraiment « mortel », les nombreux travaux entrepris dans la ville n’arrangent pas les choses et l’impression de l’impunité des conducteurs est réelle,
- l’augmentation du nombre des agressions (notamment dans le centre ville élargi),
Elle indique également la hantise des habitants à l’approche du 14 juillet …
La police indique que les interpellations des conducteurs délictueux se fait directement chez eux (« ils sont connus des services de police ») et de grosses opérations sont menées dans les caves. Pour le
14 juillet, elle rappelle le dispositif mis en place de la même manière que pour le 31 décembre. Cela semble apporter des satisfactions (pour le dernier 31 décembre, il y a eu 30 % de véhicules brûlés en moins).
VI . Conclusion
Le préfet clôture cette réunion en réitérant sa détermination dans l’action à mener sur Saint Denis.
Commentaires
Merci de ce rapport bien synthétisé, beau travail entre la préparation, la rencontre, et ceci,
hélèneQuelle énergie dépensée !
Sam Stéphanie enfin, tous les autres, chapeau bas.
Merci pour ce compte rendu et il est vrai qu'il en faut de l'énergie
goldoet je me demande la chose suivante: si les habitants ne s'étaient pas mobilisés dans quelle merde serions nous aujourd'hui? Je vous laisse imaginer. Et oui nous avons un maire qui est là que pour le décor comme une statue en vitrine qui ne bouge pas. Goldo
Idem,
TulipePJe remercie chaleureusement les dites personnes qui ont oeuvré pour cette synthèse c'est du boulot, mille mercis à tout le monde.
Pour ma part, j'avais pris un peu de recul, pour des raisons personnelles. Merci de votre compréhension.
Cette fois-ci je n'y suis pour rien, merci à Stéphanie et son esprit de synthèse.
Samça aide d'être chef de projet
Bonjour à toutes et tous,
StefJ'ai légèrement souri en lisant un détail de ce compte rendu : "Le taux d’élucidation des « affaires » est de 67 % dans le secteur de la gare". Quelle fierté !
Mais au fait... de quelles affaires parle-t-on ?
Quand les forces de l'ordre doivent faire augmenter le chiffre des interpellations et des "affaires résolues", il est plus facile d'aller directement sur le consommateur de drogue : flagrant délit et résolution en 5 minutes, les chiffres gonflent, les nuisances par contre, elles stagnent puisque les consommateurs ne sont que peu pénalisés : ils sont les bourreaux des riverains, mais aussi les victimes de leurs propres dépendances.
En contrepartie, démanteler un réseau de trafic de stupéfiant, ça prend des mois pour... une seule affaire résolue. Mais l'effet est immensément plus grand pour les riverains... mais pas pour les chiffres, au contraire, on pourrait faire dire ces chiffres que la police est moins efficace !
J'ai l'impression que la répression est un moyen d'impacter, à très court terme, sur les comportements problématiques des consommateurs de drogues, mais que s'il n'y a pas de médiation et de dialogue avec eux, de volonté politique derrière de travailler sur cette question, rien ne changera durablement, on restera dans une course sans fin et empêtrés dans les nuisances qui l'accompagne. Le pire, c'est que ce constat peut s'appliquer à tous les acteurs de cette triste farce, les riverains (se sentent légitimement agressés), les consommateurs de drogue (se sentent harcelés par la police), les forces de l'ordre (sont hyper pressurisés pour faire du chiffre) et les politiques (essaient vainement de prendre n'importe quelle décision pour calmer le jeu et masquer leur impuissance ou leur incompréhension de la situation).
Votre démarche me semble vraiment bonne et intelligente : parler et mettre toutes les parties en présence pour faire avancer la situation. Si j'osais être un brin téméraire, j'irais jusqu'à proposer d'inviter les consommateur de drogue à ces réunion !
Bien cordialement,
Stef,
un habitant de Porte de Paris parmi d'autre.
@Stef (je vous ai repabtisé "Stef" car le pseudo "Stéphanie" est déjà pris par une blogueuse très active
)
Comme avec le préfet précédent, Mr Nacer Meddah, nous avons souhaité et demandé que la justice ainsi que la DDASS et les assoces de lutte contre la toxicomanie soient représentées à ces réunions. Nous l'avons demandé le 19 mai et relancé à la réunion du 25 mai...nous avons le sentiment que Mr le préfet ne souhaite pas que la justice et ces assoces soient présentes.
Nous manquons donc d'acteurs incontournables pour avoir toutes les clefs nous permettant de comprendre nos difficultés et traiter donc les problèmes en profondeur. On veut sans doute faire du chiffre et calmer les habitants...
Merci pour votre analyse. Vous semblez bien connaître les problèmes d'usage de drogues, travaillez-vous pour une association de ce type ?
Pour la prochaine réunion de Septembre, il va falloir que nous préparions des questions pour faire parler les chiffres. Nous avions plutôt tendance à les noter et les ignorer...
sanscriergare