Proses est toujours là pour limiter la casse
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L’association Proses a été créée en 1997 et s’inscrivait alors dans un mouvement baptisé « Limitons la casse », à une époque où la prévalence au VIH et au VHC (hépatite C) était très importante chez les injecteurs d’héroïne, à cause des échanges de seringues entre les usagers du produit.
Par la suite, la législation a changé en 2006 : la réduction des risques est entrée dans le code de santé publique, une avancée qui venait récompenser le travail mis en place pendant ces années. Les bases des efforts pour réduire les risques sanitaires (délivrer du matériel et aussi de l’information sur les drogues, les antagonismes entre les différents produits) sont restées.
Mais les missions de l’association se sont élargies en recevant l’agrément Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (CAARUD).
Le soutien dans l’accès aux droits
Elles incluent l’accueil, l’information et le conseil personnalisé des toxicomanes, l’aide à l’accès aux soins de première nécessité, le soutien dans l’accès aux droits, au logement et à la réinsertion professionnelle, la mise à disposition de matériel de prévention des infections (trousse d’injection, préservatifs, boîtes de récupération du matériel usagé) et l’intervention de proximité en vue d’établir un contact avec les toxicomanes. L’équipe est composée de cinq personnes : un éducateur chef de service, deux autres éducatrices et un moniteur éducateur, une infirmière à mi-temps, et une assistante sociale.
« L’agrément a été validé en 2009 pour quinze ans, comme pour tout établissement médico-social, et comme eux, nous sommes financés par la Caisse primaire d’assurance maladie, explique Serge Longère, président de l’association. Cela inscrit le travail de réduction des risques comme faisant partie d’un travail important, et qui se situe en amont du soin (sevrage, abstinence, cure), sur un versant préventif. »
« Ce genre de structures ne fait pas d’appel d’air »
« On fait en sorte que les gens ne rentrent pas dans la précarité de façon soutenue et chronique. Quand cela se produit, ça devient plus compliqué. On le voit avec le groupe d’usagers qu’on accompagne sur notre pavillon d’hébergement à Montreuil, des gens qui ont 15, 20 ans d’errance, sans papiers, sans droits ouverts, sans attaches et dans des états de santé préoccupants. Ça demande alors un travail très long de réinsertion. »
L’association a aussi réservé un créneau horaire pour recevoir les riverains jusqu’à la fin de l’été. Serge Longère souhaite que Proses s’implante dans le quartier sans être stigmatisé comme un lieu qui attire les toxicomanes. « Ce n’est pas du tout ça, l’ouverture de ce genre de structures ne fait pas d’appel d’air, mais règle des problèmes qui existent de fait. C’est important pour nous qu’il y ait ce dialogue avec les riverains, parce que je pense qu’ils ont souffert ces deux derniers étés », lorsque le quartier de la Gare avait vu émerger une « scène ouverte » de deal et de consommation de crack, en 2008 et 2009.
Sébastien Banse - Article publié le 6 juillet 2010 - Source
Commentaires
Hier 8H15, en sortant de notre immeuble je me retrouve nez à nez avec un couple de fumeurs de crack squattant le porshe de notre résidence. A ma vue, ils ont rangé discrètement leur "matériel" et m'ont salué avec beaucoup de courtoisie. Ils m'ont demandé la permission de rester, je leur ai expliqué que je ne souhaitais pas que mes p'tits voisins (enfants en bas âge) assistent à ce spectacle. La dame s'est levé immédiatement en me répondant qu'elle comprenait et qu'elle même était maman d'une petite fille de 7ans.
On a échangé nos prénoms, elle s'appelle Linda et lui Ronald. Ils avaient un niveau de communication assez élevé et semblaient très lucides. M'ont confié qu'ils n'avaient pas dormi, qu'ils étaient affamés...m'ont demandé un ticket resto et des infos sur bus d'Aides93. Ils ne semblaient pas au courant du centre Proses...puis sont partis à la quête d'un autre lieu pour se poser et prendre leur dose.
La rencontre de Linda m'a vraiment marqué, le visage d'une maman (une quarantaine d'années) sous l'emprise de ce poison ne peut laisser indifférent quiconque...
Nous avons à plusieurs reprises appelé Aides93 puis Proses que nous souhaitons rencontrer. Nous avons demandé à la municipalité de coordonner les acteurs sur cet aspect sanitaire. La ville doit coordonner les services de santé (DDASS, service municipal), les associations de lutte contre la toxicomanie et les associations de riverains pour limiter les dégâts et assurer une interface entre riverains et toxicomanes.
Cela fait deux ans que nous nous battons avec nos petits moyens. Nous avons le sentiment que contrairement aux "bons sentiments" et à "certains discours" vantant la prévention, sur le terrain les associations et les habitants sont seuls.
"Sans Crier Gare" va rencontrer Aides93 et Proses pour essayer d'éloigner les toxicomanes des lieux d'habitat afin d'éviter tout risque de dérapage (altércations, agressions, ...).
Seuls je vous dis, nous sommes seuls...alors on avance comme on peut. Si la ville ne se bouge pas, nous saisirons la DDASS ainsi que le ministère de la santé. Encore une fois, les pouvoirs publics manquent de réactivité. Encore une fois, entre les discours et le terrain il y a un vide dont nous subissons les conséquences.
Questions : Est-ce que ces associations (Proses et Aides93) vont chercher les toxicomanes et les emmener dans leurs locaux ? Ou attendent-ils que la démarche vienne des toxicomanes ?
Sam