Roms du Hanul : le maire et les élus de Saint-Denis interpelés
Communiqué de presse
Saint-Denis, le 18 juillet 2010
Suite à l'expulsion barbare le 6 Juillet des habitants du Hanul à Saint-Denis et aux évènements graves qui ont suivi dans le cadre de la vaste opération de chasse aux populations Rrom du département engagée par le Préfet Lambert.... placé en Seine-Saint-Denis par Nicolas Sarkozy pour y faire régner son "ordre", nous nous sommes adressés au Maire de Saint-Denis et aux élus de la liste "Saint-Denis pour tous" par le courrier cijoint.
N'ayant à ce jour pu obtenir un rendez-vous, en rendant public notre désaccord, nous souhaitons contribuer à amener la municipalité à :
- condamner et empêcher les actes de répressions policiers à l'encontre des Dionysiens du Hanul.
- mettre en place, avec eux, une solution d'urgence les mettant à l'abri.
- favoriser le dialogue entre toutes les parties concernées pour envisager une solution d'habitation dans notre ville, durable et digne.
Les habitants du Hanul contribuent à la richesse de Saint-Denis. Ils sont Dionysiens et doivent pouvoir le rester.
Corinne ANGELINI, ex maire-adjointe de Saint-Denis
Jean BRAFMAN, candidat en 2008 sur la liste « Saint-Denis pour tous », ex Conseiller régional
Vassindou CISSE, délégué des habitants du 76 rue Gabriel Péri en lutte
Julien DIOUDONNAT, candidat en 2008 sur la liste « Saint-Denis pour tous »
Claudie GILLOT DUMOUTIER, ex maire-adjointe de Saint-Denis, ex Conseillère générale
Yves LAVERNE, ex maire-adjoint de Saint-Denis
Lettre au Maire et à l'équipe municipale
Saint-Denis, le 16 juillet
A Didier Paillard et à l’équipe municipale
Mardi 6 juillet, les habitants du Hanul ont été expulsés en quelques minutes de leur domicile par les forces de police. Dans la foulée, leurs habitations ont été rasées. Les habitants de ce quartier, tous Rroms, ont seulement eu le temps de récupérer leurs enfants et quelques papiers avant de regarder, impuissants, une partie de leur vie s’écrouler.
Nous sommes révoltés par le sort réservé à ces habitants de Saint-Denis. Victimes des pires discriminations dans leurs pays d’origines où leurs droits fondamentaux sont sans cesse bafoués dans une indifférence générale, la plupart de ces familles s’étaient installées dans notre ville il y a une dizaine d’années. En 2003, une convention signée entre les habitants du Hanul et la mairie entérinait leur installation ici. En leur fournissant des prestations de service public (eau, ordures ménagères, sanitaires, électricité, école, santé (ou PMI)…), la municipalité reconnaissait alors implicitement ce quartier comme faisant partie intégrante de Saint-Denis. Les habitants sont alors devenus des dionysiens à part entière : certains sont nés ici, sont scolarisés ici, se sont mariés ici, travaillent ici…
Dans ce contexte, les événements survenus mardi 6 juillet et votre attitude nous paraissent incompréhensibles au regard des valeurs qui nous animent les uns et les autres :
- Pourquoi ne pas vous être opposés à l’expulsion du Hanul ? Vous avez déclaré que le terrain n’étant pas propriété communale il ne vous était pas possible de vous opposer à son évacuation. Cet argument ne tient pas. Les habitants du Hanul avaient besoin de votre appui pour espérer résister à l’expulsion. Ils ne l'ont pas eu.
- Jeudi 8 juillet, en soirée, les Rroms et leurs soutiens, installés devant la Basilique, ont été expulsés par un nombre hallucinant de CRS. 24 militants, dont un gravement blessé, ont été arrêtés et emmenés au commissariat de Bobigny. Des militants solidaires sont arrêtés, embarqués dans un car de police, et nous n'avons entendu aucune protestation des élus. La presse a rapporté que cette expulsion avait été demandée à la préfecture par la municipalité. Pourquoi n’avez-vous pas démenti cette information ? Nous osons encore espérer que cette information est infondée et que jamais vous n’avez fait une telle demande.
Les Rroms du Hanul sont des dionysiens comme les autres. La convention avec la mairie de 2003 les reconnaît ainsi. Jamais ils n’auraient dû être exclus de leurs domiciles. Comme tous les dionysiens, ils doivent bénéficier de la protection de leurs élus locaux. Comment comprendre que ceux-ci ne leur apportent pas une solidarité sans faille ? Expulsés de leurs habitations, il nous semble impératif que la mairie soit à l’initiative de mesures d’urgences les mettant à l'abri du harcèlement policier. Et à partir de là, trouver avec eux une solution plus durable suite à la destruction de leur habitat.
Nous savons bien que la question des populations en errance, celle des Rroms en particulier, ne pourra être réglée qu'à une plus grande échelle (régionale, nationale et européenne). Mais les habitants du Hanul ne sont pas une population en errance. Ils le sont devenus du fait de la destruction de leur habitat. Il doit être mis fin d'urgence à cette situation. Il s’agit de permettre à des dionysiens de continuer à vivre dignement dans LEUR ville, de poursuivre leur scolarité dans LEUR école…
Nous attendons donc cette initiative de votre part. Il est encore temps d’agir sans perdre la face. Persister dans une autre attitude serait incompréhensible. Vous ne pouvez pas rompre de la sorte avec les principes et les idéaux qui nous lient.
Ce d’autant que l’injustice faite aujourd’hui à nos concitoyens du Hanul se double, nuit et jour, d’un harcèlement moral et physique de la part des forces de l’ordre. Cela s’apparente de plus en plus clairement à des actes de répression et de discrimination assumés par le pouvoir d’Etat. Nous attendons, là aussi, une position ferme de votre part. Ces agissements n’ont pas lieu d’être, pas plus à Saint-Denis que partout ailleurs !
Espérant que vous entendrez notre cri de colère,
Corinne ANGELINI
Jean BRAFMAN
Vassindou CISSE
Julien DIOUDONNAT
Claudie GILLOT DUMOUTIER
Yves LAVERNE
Publié le 19 juillet 2010 - Source
Commentaires
Je suis très satisfait de l'expulsion des Roms du Hanul qui était un véritable bidonville où toute une population vivait au milieu des immondices.
Citoyen93S'opposer à l'éviction d'individus vivant dans des conditions inacceptables d'un point de vue sanitaire est de la part de personne soit disant humanistes un paradoxe.
Ces roms dont je rappelle aux lecteurs de ce blog que l'activité principale est la mendicité, la récupération de matériaux divers et variés et les trafics.
Mesdames et messieurs : Corinne ANGELINI, Jean BRAFMAN, Vassindou CISSE, Julien DIOUDONNAT, Claudie GILLOT DUMOUTIER et Yves LAVERNE noous n'avons que faire de vos larmoiements sur la cause des Roms.
Saint -Denis a bien assez de problémes sociaux, sanitaires et économiques pour en rajouter une couche avec les Roms. La ville a joué le jeu en proposant un espace d'insertion situé juste en face de l'ancien campement Roms et je trouve que cela est largement suffisant. La ville n'a pas vocation à récupérer tous les miséreux de la terre.
C'est très facile de jouer la corde sensible de l'appitoiement en mobilisant les médias mais vous êtes nettement moins dynamiques sur les questions sociales et économiques dans cette ville totalement laminée par le chômage et la délinquance.
C'est vrai que c'est plus porteur de faire pleurer dans les chaumières mais les lecteurs de ce blog et plus largement les adhérents de cette association ne sont pas dupes et veilleront à ce qu'aucun nouveau camp ne se réinstalle.
J'irai même plus loin, je souhaite le démantelement de tous les campements Roms sur ce département.
Côté villages d'insertion, Mr Peu a affirmé le 19 mai dernier lors de la réunion avec le préfet que Saint-Denis en a créé bien plus qu'il ne se devait de faire. Il a clairement demandé le démantèlement de tous les camps roms et Mr le maire, également présent, n'a pas contesté.
Sans aucune gêne et pour que Saint-Denis retrouve son équilibre, "Sans Crier Gare" est dans ces conditions pour le démantèlement de tous les camps roms sur l'ensemble de notre commune.
Il faut bien évidemment trouver des solutions pour toutes les populations roms, mais pas uniquement à l'échelle de notre commune. Le Département, la Région, l'Etat et l'Europe se doivent de travailler ensemble afin de trouver des solutions humaines et durables. Mr Brafman, que propose la région sur cette question ?
Avec les "bons sentiments" on manipule les émotions mais on n'apporte pas de solution. Saint-Denis doit cesser d'être "la mecque de tous les déshérités". Saint-Denis est en overdose de difficultés, n'en rajoutons plus...et cessons de faire croire qu'on peut toutes les gérer à l'échelle de notre ville.
sanscriergareCa ne peux pas être mieux dit. Quand-est ce qu'il vont ENFIN s'occuper des réelles préoccupations des Dionysiens. Y EN A MARRE DE CETTE DÉMAGOGIE !!
theoDans le même ordre d'idée, M. BRAFMAN et et ses amis auraient dû après le coup de force dans le quartier gare s'émouvoir du départ de certains toxicomanes : peut-être constituent-ils aussi une richesse pour notre ville ?
theoC'est durement dit mais difficile de ne pas être d'accord avec citoyen93.
Pour ma part l'erreur a été de cautionner l'installation d'un bidonville et de laisser vivre des gens dans de telles conditions sanitaires grâce à la convention passée entre la mairie et la population Rom.
Cela dit cette convention précisait que « le terrain occupé n’étant pas propriété communale, la durée de son occupation est donc dépendante des procédures judiciaires qu’entameraient le ou le propriétaires. De même, l’Etat pour des raisons d’ordre public peut à tout moment décider leur évacuation sans que la ville ne puisse d’y opposer. ». Pour en savoir plus, cliquer sur le lien vers la source (site de la ville).
Ca s'appelle la loi et jusqu'à preuve du contraire, personne ne peut aller contre, même s'il est maire, les propiétaires de ce terrain (la Dirif et GDF) avaient le droit le plus strict de récupérer ce terrain, ce qu'ils ont fait.
Vous dites que les Roms du Hanul sont des dionysiens comme les autres, que la convention les reconnait comme tels. Je ne suis pas d'accord, cette convention était un protocole qui en échange de la mise à disposition d'eau et d'un service de ramassage des ordures, obligeait la population à se stabiliser à 25 familles et à scolariser leurs enfants, c'est tout.
Etre citoyen d'une ville ce n'est pas seulement occuper un terrain, c'est aussi participer à la vie de la cité, s'investir dans la vie de quartier, travailler, voter ou encore plus trivialement payer des impôts, un loyer, des taxes, bref participer au développement et à l'amélioration de la vie dans la ville.
Finalement, votre lettre est choquante car non seulement elle manipule la vérité pour provoquer l'appitoiement mais en plus elle ne tente même pas de proposer de vrais solutions pérènes pour que la population Rom puisse enfin vivre dignement.
Vous vous réclammez de Saint Denis ? Eh bien vous allez expérimenter, comme nous tous, l'absence des pouvoirs publics.
LiliaPour une fois que le Maire n'a pas cédé aux X pressions de tous ordres, cette interpellation tombe comme par hazard quelques jours après des événnements tristes, où le Gouvernement annonce comme dab, des réunions pour régler les problèmes, en faisant de beaux amalgames ; les Gitans et les Roms même combat.
hèlèneNon la ville n'est pas en capacité d'être le réceptacle de toutes les misères, nous n'avons plus rien à offrir. S'agissant des Roms, le problème à régler est seulement situé au niveau Européen. Il me semble qu'il y a eu des accords avec la Roumanie, dont je ne connais pas la teneur exacte, les reprendre serait plus judicieux.
Rassemblements d'alcooliques à certains endroits de la ville, deal et consommation de crack un peu plus loin, prostitution un peu partout, vente de contrefaçon en plein centre, occupation illégale du domaine public par des roms la plupart en situation irrégulière et vivant d'on se doute bien de quoi......
jefEn fait, tout ça est lié et enferme notre ville dans une situation de non droit. Chaque désertion de l'ordre public est un combat perdu pour le démocratie et l'esprit de cité. Et chaque couche de délinquance installée en entraine inexorablement une autre, puis une autre... Ce n'est pas pour rien que les roms prennent racine à Saint-Denis.
Comment peut-on s'offusquer que les pouvoirs publics, enfin, fassent quelque chose pour tenter d'inverser cette spirale ?
La démagogie et la mauvaise foi de certains atteint des sommets...
Un article dans le parisien ce matin, les roms du Hanul sont revenus en 60 et 80, installés sur un terrain municipal. Cette fois, pas question d'expulsion Florence Haye s'est déplacée à leur arrivée, et proposerait un accord : éliminations des déchets avec la mise en place de conteneurs ainsi que le raccordement à l'eau grace à Veolia.
hèlèneL'élue veut aller plus loin et, avec la municipalité, monter un projet expérimental.
Voilà de quoi satisfaire les signataires du communiqué de presse publié dans Médiapart.