« La mixité sociale en Seine-Saint-Denis est un mythe, elle n’a jamais existé. » Michèle Tribalat, démographe.

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6 réponses

  1. thierryb dit :

    Bravo!!! Ma petite suggestion et mes petits envois sont magnifiquement mis en perspective!
    Ca me semblait important de parler de ça, tant nous utilisons tous les mots de « mixité sociale ». Là, on voit. L’intervention du maire de Bethoncourt (pas loin de « chez moi ») et celle de Kepel sont très éclairantes: c’est l’emploi qui permettait le mieux la vie collective. C’est toujours d’actualité, et lorsqu’on voit les tentatives de diversion autour de l’islam, des « autres »- même s’il ne faut pas nier certains soucis, on se rend compte qu’il faudrait au contraire mettre fortement l’accent sur la formation. Pour dans dix, vingt ans! Sinon, le cataplasme du lien social ne tient pas, il soulage un moment. Le lien social se construit dans une société qui offre des perspectives. on dirait qu’on est bloqués. Pourtant il y en a des énergies et des gosses en demande de reconnaissance, derrière la porte.

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  2. citoyen93 dit :

    Cet article confirme ce que beaucoup de blogueurs disent sur ce site depuis des mois.
    Une volonté politique au niveau local peut inverser les choses en mettant l’accent sur la formation, l’emploi, l’insertion professionnelle, la prévention, la diversité de l’offre de logement et la sécurité.
    Des mots souvent prononcés par des politiciens mais rarement suivis d’effets.
    Ce territoire a fait la fortune politique du groupe communiste pendant quatre décennies avec la complicité de la droite.
    Le Saint-Denis populaire de Patrick Brouzec se délite et part en capilotade abreuvé par une dialectique démagogique.
    On y a tous cru à la France black blanc beur de la coupe du monde 98, de la somme des talents au service d’un projet commun.
    On a juste oublié que les politiciens qui administrent ce territoire sont dans une logique électorale oubliant ainsi le sens commun.
    On a mis de côté la rénovation de la gare et du centre ville alors que cela aurait du être fait depuis plus de 20 ans. On traine les pieds pour diversifier l’offre de logements car cela peut avoir des conséquences sur les résultats électoraux.
    Ils en parlent aujourd’hui timidement en mettant en avant l’offre de transport qui est un vrai point positif sur ce territoire, on rénove des barres d’immeubles mais on ne traite pas la problématique de fonds qui est de diversifier la représentativité sociale des quartiers.
    Vous pourrez toujours changer la peinture de la cage d’escalier mais si vous laissez les gens engluer dans leur problématique sociale et économique je ne suis pas certain que cela va changer grand chose.
    Les élus d’ici ne font en fait pas mieux que des élus de droite qui gérent des villes comme Rueil-Malmaison ou Saint-Germain en Laye.
    Une chose est sure si les élus de tous bords respectaient les quotas en terme de logements sociaux on en serait surement pas là aujourd’hui.

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  3. Sam dit :

    Merci à ThierryB pour la proposition d’article et à Anthony pour cette intéressante restitution.
    Concernant l’intervention de Michèle Tribalat, il est frappant d’entendre que « la mixité sociale est un mythe en SSD (Seine-Saint-Denis), elle n’a jamais existé et le phénomène s’accentue selon elle. »…

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  4. suger dit :

    Un article du « Monde » de cet après-midi (daté du 2 mars) confirme la faiblesse de la mixité sociale en Seine-Saint-Denis et apporte un début d’explications. En voici trois courts extraits :
    « La Seine-Saint-Denis continue d’accuser un retard considérable en matière d’éducation et de formation. A peine 10 % des actifs disposent d’un niveau bac + 2, contre 40 % à Paris ou 30 % dans les Hauts-de-Seine. Près de 30 % des actifs du département n’ont aucun diplôme, soit le double de Paris et des Hauts-de-Seine. »
     » Car le handicap est ancien et profond, directement lié à la sociologie d’un département jeune et pauvre, où arrive en flux continu une partie importante de l’immigration légale et illégale. « Beaucoup de parents sont particulièrement démunis en termes de connaissance du système scolaire. On voit beaucoup de jeunes filles qui sont les premiers enfants de la famille à aller au lycée et n’en maîtrisent pas les codes – c’est une des raisons du taux de redoublement élevé au lycée général », remarque l’inspecteur d’académie, Daniel Auverlot. »
     » Le département doit aussi faire face à un phénomène de « fuite des cerveaux ». « Sur 100 élèves de CM2, on n’en retrouve plus que 82 dans les collèges publics du département, note Daniel Auverlot. Ce ne sont évidemment pas les familles les plus défavorisées qui ont ce type de stratégie en déménageant, en choisissant le privé ou en inscrivant leurs enfants dans un autre département. » L’arrivée de familles plus favorisées – chassées de Paris à cause du prix de l’immobilier – n’a pas eu l’effet espéré sur la mixité sociale : les parents qui le peuvent évitent l’inscription dans les établissements publics de Seine-Saint-Denis. »

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  5. thierryb dit :

    En effet, on constate dans les réunions académiques qui traitent de ces phénomènes (décrochage, etc) que beaucoup d’expériences, de témoignages convergent : là où les parents réussissent à conduire leur enfant vers l’école, en la valorisant un tant soit peu (par exemple en allant aux rencontres parents/professeurs; en répondant aux convocations dès les premières absences), une meilleure réussite existe, même modeste- comme l’obtention d’un CAP plutôt qu’un décrochage.
    Tout de même, beaucoup s’inquiètent, à mots couverts, de l’accroissement du taux d’élèves en difficulté psychologique, d’un certain « ensauvagement « des rapports humains et de la domination d’un imaginaire « cité » chez les adolescents en difficulté, les poussant au mieux à l’inadaptation au travail, au pire à ce que nous voyons tous les jours (prédation, illégalités).
    Tant que l’emploi et un projet de société viable où une majorité se reconnaîtra ne seront pas de retour, le « miracle » d’ une cohésion sociale minimale restera un vœu pieux et l’école restera à l’image de ces ghettos économiques et mentaux.

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  6. habitant dit :

    Voici un livre qui a l’air intéressant sur l’attribution des logements à Saint-Denis et d’autres villes comme Stains ou Issy-les-Moulineaux.

    Le titre est:
    Droit au logement et mixité: les contradictions du logement social
    Par Noémie Houard, 2009, l’Harmattan.
    Quelques pages apparaissent dans:

    http://books.google.fr/books?id=4Ov

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