Le Monde – Les effets de l’assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale des établissements

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22 réponses

  1. montjoie dit :

    On récolte ce que l’on sème
    Voilà que les Chefs d’établissement commence a pleurer les effectifs de bons élèves disparus.Ils n’ont qu’a s’en prendre a eux mêmes,avec leur angélisme ,en sur- protégeant les cas irrécupérables ce qui a causé beaucoup de torts aux bons élèves ou du moins a ceux qui avaient soif d’apprendre,et envie de s’en sortir.

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  2. thierryb dit :

    On récolte ce qu’on n’a pas semé! Le principe de base de l’école est d’accueillir tout le monde jusqu’ à seize ans. L’école ne forme plus suffisamment bien ses maîtres pour accueillir tous les élèves et les classes destinées aux enfants en grande difficulté sont de plus en plus rares.
    Ce que vous appelez « angélisme » c’est l’esprit même de l’école républicaine. Mais elle ne peut vivre et faire progresser les élèves que si les conditions de vie et le goût d’apprendre existent. On a voulu favoriser la ségrégation sociale, on en a le résultat. Personne de sensé n’ a douté que l’ « assouplissement » de la carte scolaire ne produise des ghettos.
    Maintenant, est-ce qu’on se demande comment font les enseignants des zones difficiles pour obtenir des résultats (à Saint-Denis, des lycées obtiennent jusqu’à 70% de réussite au bac avec des élèves en désastre social!) : croyez-vous que ces gens là, qui permettent ces résultats-là (le ministère ne demande parfois que 50% de réussite!) sont laxistes, sans projets?
    C’est quoi un cas « irrécupérable »?, un déchet social à larguer aux oubliettes de l’échec de notre société à donner sa place à chacun?
    On ne fabrique pas une politique scolaire sur le rejet de ceux qui lui posent problème, on cherche les solutions.
    L’école n’est pas un marché. Et puis m….!

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  3. cyril dit :

    On ne peut en effet se réjouir d’une telle situation. Les conséquences de l’assouplissement de la carte scolaire pour une ville comme Saint-Denis peuvent être désastreuses. 

    Dans le détail de l’enquête on constate que 56% des chefs d’établissement interrogés situés en Zone-d’Éducation-Prioritaire/Réseau-Ambition-Réussite établissent une corrélation entre l’évolution à la baisse de leurs effectifs et la libéralisation des procédures d’affectation des élèves. 

    Ce solde négatif pour les lycées et collèges des zones sensibles s’accompagne d’un renforcement de l’homogénéité sociale et scolaire.  Près d’un tiers des personnels de direction signalent une baisse de la diversité des profils et plus de la moitié une stabilisation du public recruté. Le bilan est sombre. Ce cantonnement des établissements « populaires » confirme les dynamiques de relégation à l’oeuvre. 

    Les conséquences pour la ville sont immédiates. La concentration des difficultés, le sentiment d’être assigné à résidence, le manque de reconnaissance tend à accentuer dans et autour des établissements les comportements incivils avec des répercussions pouvant être négatives pour les commerces, les résidents et la vie de quartier. Comme le dit le SNDPEN dans son interprétation de des résultats de l’enquête : « partent ceux qui sont un peu plus favorisés que les autres ; partent ceux qui investissent un peu plus dans leur scolarité; restent ceux qui pensent que le reste du monde n’est pas pour eux ou qui n’attendent plus rien de l’école« .  

    « L’enfer est pavé de bonnes intentions » … C’est le cas de l’assouplissement de la carte scolaire. Cette réforme semble donc jouer contre une gestion harmonieuse et pacifiée des territoires en « défaisant » la ville là où il faudrait commencer par la faire et la penser. 

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  4. suger dit :

    Ce n’est pas l’assouplissement de la carte scolaire qui crée des « établissements-ghettos » car ils existaient déjà. Soit les parents, généralement les couches moyennes, font appel au privé ou aux dérogations (ou « trichent » en s’inventant des résidences principales fictives), soit ils choisissent leur lieu de résidence en fonction des écoles du quartier et déménagent si nécessaire. Cela fait plus de vingt ans que ce phénomène est observable à Saint-Denis, et en banlieue parisienne. L’assouplissement de la carte scolaire a surtout bénéficié aux enfants de milieux populaires ayant de bons résultats scolaires. Finalement, n’est-ce pas plus juste ? En effet, l’Ecole républicaine se doit d’accueillir et de former tous les jeunes. Pourquoi vouloir faire croire que cela peut se faire dans les mêmes établissements ?

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  5. thierryb dit :

    En effet, la « ghettoïsation » a commencé bien avant l’assouplissement de la carte scolaire et le clientélisme scolaire aussi. A Saint-Denis, même chez les plus égalitaristes, certains ont même mis leurs enfants dans le privé (liberté inattaquable sur le principe) . Que les enfants qui veulent s’en sortir en bénéficient, par un effet d’aubaine, c’est probable.
    Ce qui me chiffonne (puisque c’est aussi mon public de prédilection, celui que j’ai devant moi et celui des professeurs que je forme), c’est l’absence de discours sur ce qu’on fait des autres, ceux qui restent, « eux qui pensent que le reste du monde n’est pas pour eux ou qui n’attendent plus rien de l’école« .
    Pourtant je souligne le travail fait dans bon nombre d’établissements ayant ces profils d’élèves (D’ailleurs au dernier classement des lycées c’est un lycée technique et professionnel du Nord en zone sensible qui obtient d’excellents résultats) pour « réhabiliter » ces élèves en leur redonnant ouverture sur le monde et foi en eux, avec les familles si possible. C’est ce qui se passe avec beaucoup d’ élèves de Saint-Denis, malgré la ghettoïsation, ou à cause d’elle, on invente des solutions pédagogiques, on fait de l’éducation et de l’instruction, on bricole puisque le monde va plus vite que les solutions.
    Il faut tout de même dire que cette « résistance pédagogique » au service des plus en difficulté est à la fois une nécessité sociale (on n’imagine pas toujours le nombre d’élèves qui sont sortis d’un quasi « arrière-monde » mental et insérés dans le monde par l’école) et se paie : elle ne se fait pas tellement dans la joie et le sentiment d’être épaulé par l’institution (le Ministère) et la tentation d’aller voir ailleurs est forte au bout de quelques années de service (c’en est un). Mais nombreux aussi sont ceux qui y trouvent leur compte parmi les professeurs (tous ne fuient pas non plus!), pour le bien des élèves qui peuvent et veulent s’en sortir, au moins avoir un diplôme, parce qu’ après… on ne maîtrise pas tout.
    Voilà : je me méfiais un peu des tentations d’ « apartheid » social renforcées par cette mesure. On peut essayer de corriger les inégalités de départ sans condamner les meilleurs, ni faire de la démagogie, bien sûr.

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  6. hélène dit :

    Les propos de Montjoie me mettent en « boule ». Comment oser dire qu’il y a des cas « irrécupérables ».
    Un élève peut être à un moment bon ou moins bon, avoir une adolescence super difficile ( conflits, en recherche permanente de repères etc….)
    C’est en tant que parent que j’interviens, j’estime que mon enfant a bénéficié à St Denis d’un formidable ascenseur social, grâce à ses enseignants (merci à eux) avec lesquels j’étais en relation permanente, qui m’offraient une écoute bienveillante.
    J’ai connu des parents qui avaient fait le choix de l’école privée, les résultats n’en ont pas été meilleurs.
    Bien sûr je ne suis pas enseignante et, ne peux intervenir dans ce débat de carte scolaire, de manière pertinente, trop éloignée des problèmes d’aujourd’hui. Chapeau bas aux enseignants qui résistent et ont une haute idée de leur profession.

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  7. suger dit :

    Je suis d’accord avec « thierryb » sur la nécessité de ne pas laisser de côté tous ceux qui ne pourraient accéder à des établissements favorisés. Les résultats obtenus dans les lycées professionnels (et agricoles en province) montrent que chacun peut progresser et que beaucoup peuvent réussir, à condition que les enseignants prennent en compte les difficultés d’apprentissage de ces jeunes et adaptent leurs méthodes. C’est un travail plus lourd et souvent épuisant, mais ce qui est le plus usant pour les enseignants est de courir plusieurs lièvres à la fois… (au bout de vingt ans d’enseignement en section générale de lycée auprès d’élèves de niveaux très hétérogènes, j’ai pensé qu’il était temps d’aller voir ailleurs). Contrairement au discours de certains pédagogues, je crois que l’hétérogénéité des classes est ingérable à partir d’un certain seuil. Les bons élèves sont sacrifiés alors que les moins brillants progressent peu. Quant aux recommandations d’individualiser l’enseignement, c’est une escroquerie dans des classes de 30 à 35 élèves (qui sont la norme). Les enseignants de langues le savent bien, eux qui ont une à deux minutes par élève par semaine pour les exercices oraux !

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  8. thierryb dit :

    Oui, Suger, tout pédagogue que l’on soit, l’hétérogénéité à gérer, ce n’est possible que dans de toutes petites structures, en confiance, et sûrement à deux par classe, comme on peut le voir en Suède je crois où les résultats en fin de primaire sont très satisfaisants.
    L’individualisation, dans le cas de certaines leçons (en maths, en géographie, sur des dossiers préparés à l’avance, avec une progressivité des apprentissages, bref, du sur mesure qui te prends trois plombes…) c’est faisable…trois fois dans l’année! Ou alors faut tout changer et c’est cher! Et puis les élèves aiment avancer en groupe, avec du soutien à côté si nécessaire, tout le plaisir est de parler à tous en faisant croire à chacun que c’est lui qui doit se poser des questions.
    Juste pour rire un peu : là où je suis, il n’y a pas d’hétérogénéité à gérer: sont tous à la ramasse! 😉

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  9. montjoie dit :

    Pourtant les faits sont là.sauve qui peut général des parents(enfin de ceux qui s’occupent de leurs enfants) qui ne veulent pas scolariser leurs enfants dans les collèges (publiques) de saint denis. Heu !!! j’en fais parti, c’est un gros sacrifice financier,qui n’est pas pris en charge par l’État et que l’on ne peut défalquer de la feuille d’impôt,nous avons donc la double peine.

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  10. Thomas dit :

    J’entends souvent parler des écoles de Saint-Denis, ou d’autres villes à mauvaises réputations. Les enseignants d’ici ne sont pas meilleurs ni moins bons qu’ailleurs, ils n’ont justes pas le choix que de mettre les bouchés doubles s’ils veulent que l’exercice de leur métier ait un sens.

    Je viens d’un petit bled sans histoire, et certains instituteurs ne se foulaient pas plus que ça, au vu de la facilité apparente de leur public. À titre de comparaison, Denise, ma voisine, professeur des écoles à Saint-Denis, s’arrache autant qu’elle peut avec ses élèves. Elle est constamment en train d’organiser des projets dans l’école, et à l’extérieur. Personnellement, je préfère que ma fille ait ce genre d’adulte face à elle qu’un prof qui fait son boulot et basta ! Bien sûr, ici, c’est plus difficile qu’ailleurs. Toujours pour parler de Denise, sa sœur est institutrice également, mais au Raincy. Elles bossent certaines de leurs progressions ensemble, et se sont amusées à évaluer leur classe pour comparer. Évidemment, les résultats sont là, et le niveau est moins bon à Saint-Denis qu’au Raincy. Il ne faut pas avoir un doctorat en sociologie pour comprendre que dans un cas, il y a une majorité de parents, et donc d’enfants, pour qui l’école, la culture, le savoir, n’est pas une contrainte ; et que dans l’autre cas, l’échec scolaire découle d’un amalgame de problèmes sociaux et d’un rapport à l’école compliqué (entre autre). Cela dit, ce ne sont que des généralités. L’élève de Saint-Denis qui a ses parents qui l’entourent et qui le poussent, même si eu même n’ont pas un super niveau scolaire, aura plus de chance de s’en sortir que l’élève du Raincy livré à lui même, car ça existe aussi.

    Enfin, j’ai toujours pensé qu’il fallait assumer l’endroit où l’on vivait. Si on veut habiter à Saint-Denis, on bénéficie des services publics de cette ville. S’ils ne nous conviennent pas, on fait tout pour les améliorer. C’est ce que l’on fait avec Sans Crier Gare. L’école fait partie des services publics, et les associations de parents d’élèves, ça existe. Si mettre son gamin à Saint-Denis est inconcevable, mieux vaut déménager. Se sentir obligé de mettre son enfant en privé n’est pas de la double peine. Par contre, vouloir habiter dans un quartier populaire, avec ces avantages, sans les inconvénients, si tant est que l’école publique soit considérée comme un inconvénient, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. C’est un acte citoyen que de participer à la vie de sa cité.

    Peu de personnes partagent cette conception dans mon entourage, c’est peut-être mon côté « prof’ laïcard » qui me tient à cœur et qui ressort ici. L’école, c’est gratuit, ça se partage, c’est pour tout le monde, et c’est ce qui permet d’avoir un tant soit peu d’unité dans la diversité. De plus, même si les cours d’enseignements religieux ne sont pas obligatoires en école privée, il m’est inconcevable que l’éducation aille de pair avec la religion. On ne protège pas son enfant en l’enfermant dans le privée, on l’extrait de sa réalité géographique. Je le redis, je suis considéré comme un intégriste de l’école publique par mes proches. J’assume.

    Enfin, pour finir, et pour éviter tous quiproquos. Je déménage à la fin du mois, c’est vrai. Il m’était devenu insupportable de vivre ici, mes chroniques parlaient d’elles-mêmes. J’assume, je m’en vais. En revanche, j’aurais été ravi que ma fille ait une institutrice dynamique et intègre comme Denise. On ne peut pas tout avoir, le beurre et l’argent du beurre…

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  11. abisa dit :

    fonds publics, école publique, fonds privés école privée, c’est une question de logique.

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  12. sam dit :

    Je ne suis ni prof ni parent…mais le fruit de l’école publique. Je suis très reconnaissante à l’égard de certains profs. Surtout à ma prof de Physique Madame Vanneaux (première S, 1991/1992, Lycée F. Roosevelt à Reims)…merci du fond du cœur !

    Concernant la « Carte scolaire » je ne peux rien dire, car je ne peux parler de sujet que je ne vis pas. Mais je vous lis tous et comprends mieux certains débats nationaux.

    Des « Denise », il y en a pas mal dans notre quartier de la gare. Les deux écoles (école Brise Échalas et école Jules Vallès)  du quartier avec leurs centres de loisirs font énormément de choses pour les p’tits bouts…je suis admirative.

    Bien évidemment, les difficultés liées à la sociologie du quartier sont réelles. Mais l’équipe éducative fait beaucoup pour la petite enfance, par exemple les centres de loisirs récupère des affaires pour les enfants qui n’ont en pas…je dis bravo, car ils font plus que leur boulot.

    Il faut de la mixité social dans les écoles. L’arrivée du 17 rue Gisquet (ma copro de 19 apparts) a été visible dans les deux écoles du quartier car les parents sont très investis …c regrettable que l’arrivée d’autres nouvelles résidences plus grandes (Rue Paul Eluard par exemple) soit passée quasi inaperçue dans les écoles. Enfin, c’est un sentiment personnel…je me trompe peu-être.

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  13. cece dit :

    J’ai une question pour Thomas : l’association Sans Crier Gare serait réservée aux parents des enfants scolarisés dans le public à St Denis, puisqu’ils ont « choisi » St Denis(Choix? Je suis étrangère, je ne connaissais pas la banlieue française quand j’ai acheté, j’avais un budget précis, nous travaillons à deux …). Je suis mère de deux enfants scolarisés dans le privé, choix que j’assume(et là c’est un choix, je le referais. Je vis à St Denis, je referais. Je suis adhérente à Sans Crier Gare depuis peu de temps.
    Est-ce tout ça incompatible?
    Certaines positions, ne sont elles pas trop dogmatiques?

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  14. Sam dit :

    Chacun est libre d’avoir son avis sur telle ou telle question…notamment sur l’école privée.

    Je ne vois pas pourquoi le fait d’avoir mis ses enfants dans le privé serait incompatible avec l’adhésion à « Sans Crier Gare ».

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  15. thierryb dit :

    pour cece:
    moi qui suit un fervent défenseur du service public d’éducation, comme je l’ai rappelé en début de mon premier message : « enfants dans le privé (liberté inattaquable sur le principe) « , et je m’en tiens là. On est dans une société libérale au sens liberté des choix individuels et pas dans un régime totalitaire.
    Après, il y a sûrement mieux pour le système éducatif qu’une fuite des enfants les plus suivis par leurs parents.

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  16. cyril dit :

    Il serait regrettable que la publication de l’enquête sur les conséquences de l’assouplissement de la carte scolaire tourne à la bataille rangée entre les partisans de l’école publique et les défenseurs de l’école privée. Ce n’est pas le but, ni le sujet. 

    Il ne s’agit pas de ressusciter de vieilles querelles ou de culpabiliser les comportements des uns et des autres. Nous essayons tous de faire les meilleurs choix, et les contraintes sont fortes, pour nos proches et nos enfants.

    Il s’agit plutôt de réfléchir sur la place de l’école dans la cité et d’imaginer les solutions qui puissent permettre de « faire ville » ensemble à Saint-Denis de 0 à 95 ans.

    En ce sens l’assouplissement de la carte scolaire semble être une mesure contre-productive. Les rapports de la Cour des comptes et de la Commission des finances du Sénat parus en novembre 2009 en ont déjà identifié les principaux risques. Ils mettent notamment en lumière les dangers d’une désarticulation trop grande entre politiques de la ville et politiques éducatives dans les zones urbaines sensibles. 

    Il faut donc trouver les solutions pour corriger une situation qui n’est profitable pour personne : les résidents qui fuient les établissements au risque d’une dégradation de leur environnement proche et ceux qui y restent au risque d’un appauvrissement de leur horizon culturel et scolaire. 

    Généralement pour agir en faveur d’une plus grande mixité on peut utiliser deux leviers :  
    1) le levier des incitations, ce que font les chefs d’établissement en créant des sections européennes ou des classes de langues rares
    2) le levier de la régulation, en inventant des procédures d’affectation en cohérence avec les équilibres d’un territoire. 

    Les deux leviers sont complémentaires. Des incitations sans régulation renvoient à la seule responsabilité et disponibilité des équipes pédagogiques (il n’y a pas de professeurs de chinois, de latin ou bilingues dans tous les établissements) la possibilité de mettre en place une offre éducative attractive. Une régulation sans incitations peut accroître le sentiment d’assignation à résidence dans un établissement de second rang et conduire au développement des stratégies de contournement. 

    Le problème avec l’assouplissement de la carte scolaire c’est qu’il a considérablement désarmé le second levier. Demande-t-on à un boxeur de combattre une main attachée dans le dos ? 

    Tout cela nécessite sûrement la poursuite des débats sur les liens à construire entre l’école et la ville pour le mieux être de tous… Il y aura de toute évidence un après « assouplissement », à nous de ne nous en saisir. 

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  17. Thomas dit :

    La liberté s’arrête là ou commence celle des autres. Si les catégories privilégiés ont la « liberté » de mettre leurs enfants dans le privé ou dans les bon établissements publics, à grande échelle, cela nuit à la mixité sociale de tout un pays. Ce n’est pas quelque chose qui se voit quand on inscrit son gamin ailleurs que là où il devrait-être par rapport à son lieu d’habitation. Mais alors ceux qui n’ont pas le choix sont condamnés à se retrouver entre enfants d’une même catégorie plus ou moins défavorisés. Ce n’est pas la conception d’un service public de qualité il me semble. Non?

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  18. Sam dit :

    @Thomas,
    « Si les catégories privilégiés ont la « liberté » de mettre leurs enfants dans le privé ou dans les bon établissements publics… » je connais personnellement des gens de revenus très modestes qui mettent leurs enfant à JBS, notamment à la résidence Charles Michels et une maman, femme de ménage, qui se saigne pour payer à son enfant une école privée…car elle souhaite lui donner toutes les chances de réussite.

    Je connais des enseignants défenseurs des services publics et de l’école publique qui ont dû scolariser leur enfant dans un établissement public parisien…et les deux autres enfants à JBS.

    Je connais des militants d’extrême gauche, professeurs également, fervents défenseurs de l’école publique…qui ont mis leur enfant à JBS.

    Quand on veut offrir le meilleur pour son enfant, on est contraint de faire des choix…Ce n’est pas si simple et je ne me permettrai pas de juger.

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  19. Thomas dit :

    @Sam

    Je ne juge pas les gens qui mettent leurs enfants dans le privée. En revanche, je ne pense pas que ce soit un principe égalitaire à long terme. Je ne suis pas manichéen. Pour bosser dans un LP public, je vois bien les carences et la façon dont on va progressivement droit dans le mur. Qui plus est, si on ne laisse pas le choix aux personnes de revenus modestes qui suivent correctement leurs enfants que de les inscrire dans le privée, on est encore dans une inégalité. Pour les enseignants du publics qui inscrivent leurs enfants dans le privée… que dire. Je m’engueule régulièrement avec des collègues à moi dans ce cas (ce qui ne nous empêche pas de nous apprécier par ailleurs, encore une fois, il n’y a pas de jugement de valeur). On se tire une balle dans le pied. C’est : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Pour les camarades d’extrême gauche qui inscrivent leurs enfants à JBS, et bien ma foi, l’homme est plein de paradoxes.

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  20. thierryb dit :

    Thomas,
    oui, bien sûr cela traduit un malaise ! Ma position est un peu « jésuitique », je l’avoue. Pour faire simple: je sais très bien que cette « liberté  » dont je parle peut apparaître bien formelle devant la réalité des choix sociaux (il est des gens qui n’ont pas ce choix, bien que les écoles privées aménagent leurs tarifs) et je serais plutôt pour un grand service public unifié de l’éducation, comme le proposait Savary.
    Une fois cela dit, on ne peut, non plus, transiger avec le principe de liberté de choix si on ne change pas les conditions de vie réelle qui sont le cœur du logiciel. Je sais bien aussi que les lycées privés, dans une logique marchande, s’ils acceptent les enfants relativement modestes, « débarquent » aussi avant la première (et même plus tôt) des jeunes qui ont 12 de moyenne parce qu’ils entachent les stats ou risquent de rater leur bac, au lieu de les aider à réussir.
    J’ai cette année collaboré avec des enseignants du privé dans les Hauts-de -Seine : hormis leurs convictions religieuses, peu enseignent dans le privé pour éviter les « enfants de pauvres » , ils ont le même souci que nous de la réussite des élèves. Mais je crois qu’ils admettent plus que nous les inégalités, parce que beaucoup les trouvent « naturelles » alors que nous les savons construites.
    Voilà pourquoi je me garderais bien de juger les choix individuels concernant des enfants.

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  21. suger dit :

    Les enquêtes au niveau national démontrent que le choix entre enseignement public et privé n’est pas un choix « philosophique », car nombre de parents utilisent les deux, alternant les périodes de scolarisation dans l’un ou l’autre système. Et les établissements privés accueillent des publics socialement diversifiés (moins que dans le public cependant). Les établissements véritablement peuplés d’enfants des catégories privilégiés sont les établissements publics de centre ville (ou de certains quartiers parisiens). C’est d’ailleurs face à cette dérive dans leur recrutement que deux lycées parisiens ont un statut particulier et ne scolarisent plus qu’après une admission sur dossier scolaire, depuis quelques années. Devinez lesquels ? Ce sont les lycées Henri IV et Louis-le-Grand…

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  22. Julien dit :

    Je n’ai pas cherché à anticiper cet article en écrivant mon billet, mais voici ma (modeste) contribution au débat :
    lien vers le blog jhabitesaintdenis.

    Par ailleurs, adressons nos encouragements aux parents du collège Jean Lurçat qui se battent sans faiblir depuis plusieurs années pour sa reconstruction.

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