Le Monde – Paroles de profs

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9 réponses

  1. REVOLUTION 93 dit :

    Il n’y a pas d’école à deux vitesses ; il y a des profs qui bossent et les autres ! je pense au privé !

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  2. Sam dit :

    « il y a des profs qui bossent et les autres ! je pense au privé ! »

    Quelle caricature !

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  3. thierryb dit :

    @Revolution93

    à quel privé pensez-vous ?
    Si c’est l’école privée, je viens justement d’organiser une réunion de formation avec des représentants de l’école privée, dont certains venaient du 92, autour des enseignants sous notre responsabilité.
    On a beaucoup parlé de nos pratiques et de nos motivations. Et j’ai trouvé qu’en dehors des convictions personnelles, nous avions à peu près les mêmes objectifs et les mêmes soucis, en grande partie autour du changement de mentalité dans la société qui modifie aussi le rapport au savoir des élèves, et la précarité sociale croissante de nos élèves.

    On ne peut nier qu’entre une école dont les enfants ont une relation au travail facilitée par le capital culturel de leur famille, et une école dont les élèves n’ont pas de modèle de réussite par les études dans l’entourage, voire ne connaissent personne qui travaille régulièrement autour d’eux, ne maîtrisent pas les codes sociaux, ni la langue, et constatent un taux de chômage exorbitant autour d’eux.
    Il y a une telle différence que, quelle que soit la qualité des enseignants, ceux qui auront à s’occuper des deuxièmes seront obligés de pratiquer une autre pédagogie.

    Parfois, nous constatons que nous ne faisons pas tout à fait le même métier…

    Quant à opposer ceux qui bossent et les autres, il me semble que, comme le dit Théo B (que je connais bien 😉 ) dans Le Monde: » …personne ne survit s’il est cossard ».
    Il est plus facile d’être « planqué », c’est à dire de moins remettre en cause sa pratique du métier, quand on est au chaud en centre-ville, qu’à Saint-Denis par exemple, mais je me garderais bien de juger trop vite!

    Jusqu’ici, la république (les textes officiels) impose l’instruction pour tous.

    Comme le dit un de mes correspondants :« Actuellement, les réacs – ceux qui veulent abandonner l’école pour tous – ont le vent en poupe, parce le pouvoir maintient l’apparence républicaine (le décor), tout en déconstruisant l’échafaudage en coulisses. Il y a longtemps que l’école ne fonctionne plus comme une institution, mais cela fait du bien d’y croire encore un peu en citant les textes officiels (peut-être plus pour très longtemps) ! »

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  4. Thomas dit :

    Je partage l’analyse de Thierryb.

    Je suis prof aussi, en CAP, et je constate jour après jour qu’il y a la façade et les coulisses.
    On veut redorer le blason des voies professionnelles et on fait tout pour faire mourir les Lycées Professionnels à petit feu.
    Je ne vais pas m’étaler, mais je vous conseille vivement de faire un tour sur cet article paru dans Libération, hier mercredi 25 novembre, et mis en ligne aujourd’hui sur Libé.fr :

    Cliquer ici sur le lien vers l’article

    C’est un article sur l’un des trois lycée choisis pour mener l’expérience d’une cagnotte distribuée aux élèves en échange de leur présence en cours. J’ai le « bonheur » d’être prof dans ce p….. de lycée et d’avoir fait parti des enseignants interviewés.

    C’est une honte ce que l’on propose comme qualité d’enseignement aux élèves des couches sociales défavorisées. Je n’y croyais pas en début de carrière, mais je me rends compte que nous sommes là pour garder les fils et les filles de prolos entre 8h et 17h. Un délégué syndical m’a dit un jour que si, au lieu de faire cours correctement, je jouais aux cartes avec mes élèves pendant mes heures, à part une mauvaise note administrative, je ne risquais pas grand chose !

    Bref, cachez cette jeunesse que je ne saurais voir…

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  5. REVOLUTION 93 dit :

    Je reconnais volontiers avoir utiliser un raccourci.
    Mais moi, je suis fille de prolo, née à SAINT-DENIS, j’ai suivie la filière CAP BEP ! ce qui n’a pas empéchée de faire de moi une citoyenne concernée et responsable ; j’ai un enfant maintenant et m’aperçois que les instituteurs sont très professionnels avec une autorité pratiquement sans faille. Ce que je « reproche » aux professeurs, collèges-lycée, c’est de faire trop de politique. C’est un milieu de gauche (voir gaucho) et me semble t-il, sans trop de relief dans les idées avec un manque evident de discernement,

    Un peu « mouton ». Il est vrai aussi que certains profs se donnent à fond à leur travail ; mais ce n’est pas encore une majorité. Je suppute que le corps enseignant a fait trop de démagogie et que la nouvelle génération en paie l’addition !!

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  6. lola dit :

    Ces commentaires sont très intéressants, mais c’est vrai que pour qui n’est pas dans l’Education Nationale (ni fonctionnaire ni parent d’élève), il reste difficile de comprendre quelles sont les actions qui détruisent au quotidien l’école publique.
    Pourriez-vous faire des exemples concrets ?

    Pensez-vous qu’il faudrait se battre pour enlever les subventions au privé ?

    Pensez-vous que l’état pourrait faire quelque chose pour faciliter l’apprentissage des classes défavorisées ? Quelles actions pourraient être faites (ou étaient faites par le passé) et ne le sont plus ?

    Pensez-vous qu’évaluer les enseignants et lier leurs salaires ou évolution à des critères de mérite pédagogique serait utile ?
    Je pense que c’est un débat très intéressant qui nous concerne (ou concernera) tous même si ça ne touche pas directement St Denis (ou que St Denis).

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  7. Sam dit :

    Thomas
    J’ai un boulot qui contraste radicalement avec le quotidien de Saint-Denis. ça n’a pas l’air d’être ton cas…tu ne peux décompresser le soir en rentrant chez toi à cause des lascars rue Fontaine.

    Je suis choquée par les propos du syndicaliste, mais je ne peux porter de jugement. Cela traduit une certaine résignation et peut-être la démission face à l’ampleur de la tâche et des peu de moyens en face.
    Résultat naturel quand on démotive ses ressources humaines et qu’on leur fixe des objectifs sans leur donner suffisament de moyens.

    C’est inquiétant pour notre société !

    Question naîve : Est-ce possible de créer des parrainages entre élèves et salariés ?
    L’idée est simple, chaque salarié bénévole accompagne un élève pendant toute l’année scolaire …
    J’ai déjà vu des associations faire ça ailleurs, je ne sais pas si ça existe à St-Denis.

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  8. Koil dit :

    On pourra faire tout ce qu’on veut pour changer l’école, les profs n’y pourront rien..

    Deux raisons:

    – Le problème est générationnel et va empirer car la société fait la culture de « l’enfant roi » et les parents oublient leurs rôles d’éducateurs,

    – Ensuite, on ne devient plus prof ou instit par vocation mais pour trouver un boulot sûr.

    Je précise que pour le deuxième point je généralise car il y a encore des gens amoureux de ce métier et il faut avoir du courage.

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