LeMonde – « A Saint-Denis, derrière la façade haussmannienne, la vie sans eau »

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5 réponses

  1. suger dit :

    C’est une page complète que le « Monde » du 2 octobre consacre au drame du 39, rue Gabriel-Péri, avec pas moins de trois articles, dont le reportage ci-dessus. Les propriétaires-voyous y sont nommément dénoncés dans un autre de ces articles, où on peut également lire cette déclaration de Stéphane Peu : « Tant que des propriétaires trouveront des locataires pour vivre dans leurs logements vétustes, on ne s’en sortira pas ».

    C’est une forme d’aveu de la co-responsabilité de la municipalité, car qui a fait venir en masse à Saint-Denis une population fragilisée et vulnérable, devenue la proie des marchands de sommeil, en leur prometant monts et merveilles (soutien pour leur régularisation, logements sociaux, aides sociales, etc…) sans avoir les moyens de tenir ces promesses ? Qui sinon la majorité municipale !

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  2. Suite dit :

    LeMonde – Les « bonnes affaires » immobilières des frères Labbouz

    La tragédie du 9 septembre n’a pas modifié les habitudes de « Monsieur Nathan ». Comme chaque début de mois, il avait appelé ses locataires pour les avertir qu’il passerait récupérer les loyers dans la semaine. Le samedi suivant, il faisait le tour de ses appartements pour collecter ses enveloppes de billets.

    « Monsieur Nathan », comme on l’appelle à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), n’existe pas vraiment. Derrière ce nom se cachent deux frères, Bernard et Thierry Labbouz, qui, jusqu’en 2012, dirigeaient le cabinet Nathan, une agence immobilière installée face au Musée d’art et d’histoire de la ville. Le premier en qualité de gérant, le second comme dirigeant. Pendant près de dix ans, l’agence a loué des appartements en centre-ville. La société fut liquidée en mai « suite aux problèmes de santé de son gérant », mais les affaires immobilières des deux frères ont continué à prospérer.

    Thierry, le plus jeune, gère la société civile immobilière (SCI) Thiberd. La société détient une dizaine d’appartements au 39, rue Gabriel-Péri, et au moins sept autres en centre-ville. Tous nécessiteraient une rénovation d’urgence. Deux des immeubles sont frappés par une procédure d’interdiction d’habitation. Deux autres sont dans un état« médiocre ». Celui de la rue Gabriel-Péri – la SCI en détenait 40 % – était frappé d’un arrêté de péril imminent depuis 2008.

    PROF DE DROIT À DAUPHINE

    « L’immeuble a basculé dans l’insalubrité il y a cinq, six ans, quand le cabinet Nathan a repris la gestion de plusieurs appartements », constate Stéphane Peu, l’adjoint au maire chargé de l’habitat. Bernard Labbouz, l’aîné des frères, gérait le syndic de copropriété dans laquelle son cadet détenait 40 % des parts. Les deux frères – que Le Monde a tenté de contacter à plusieurs reprises, en vain – géraient aussi les biens de Mme Berger, propriétaire d’un quart de la bâtisse.

    Stéphane Peu dénonce « un système classique de syndic véreux : l’agence immobilière encaissait les loyers, les locataires payaient leurs charges mais rien n’était reversé à la copropriété « . Faute de fonds, les travaux n’ont jamais été réalisés et l’immeuble s’est lentement dégradé.

    Florian et Aurélie, deux jeunes propriétaires, ont découvert les petits arrangements des frères Labbouz six mois après leur arrivée. Quand ils ont voulu dénoncer cette« situation de conflit d’intérêts » – l’un des frères propriétaire, l’autre syndic -, le procureur de Bobigny leur a répondu que les preuves manquaient pour ouvrir un dossier pénal.

    Le couple a multiplié les démarches. Avec l’appui d’autres propriétaires, ils ont réussi à changer de syndic. « Dans l’immeuble, ce n’étaient pas les squatteurs et les immigrés qui créaient des problèmes, mais des gens qui présentent bien et abusent de leur position sur des personnes en difficulté », note Aurélie. Bernard Labbouz enseignait le droit des sociétés à Dauphine. Depuis l’incendie, l’université a suspendu sa collaboration.

    A Saint-Denis, l’habitat indigne – qui représente 40 % du parc privé – a tué trente personnes en dix ans. La ville a obtenu 50 millions d’euros pour lutter contre ce fléau, mais cela reste insuffisant. « Traiter un mètre carré d’habitat insalubre coûte 1 500 euros à la collectivité », explique Sabine Loubet, responsable habitat de Plaine commune. « Tant que des propriétaires trouveront des locataires pour vivre dans leurs logements vétustes, on ne s’en sortira pas », regrette Stéphane Peu.

    En 2008, une cellule de lutte contre l’habitat indigne a été créée en Seine-Saint-Denis. Mais en septembre 2009, l’équipe a été dissoute dans la réorganisation de la police d’agglomération. L’insalubrité n’était plus une priorité. C’est l’unité chargée des infractions à la législation sur les étrangers qui a récupéré les dossiers.

    Emeline Cazi – Le 2 oct. 2012

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  3. thierryb dit :

    Formidable (…) article d’ une enquête qui aurait du se retrouver dans le JSD. Quand je suis arrivé à St Denis, la rumeur autour de ces marchands de sommeil était déjà très forte. Ce qui frappe, c’est les apparentes lacunes juridiques pour agir contre ces … je préfère ne pas utiliser ici le mot auquel je pense.

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  4. reno dit :

    certes, mais sur les pouvoirs du maire, voyez ceci :

    http://www.ticasso.fr/spip/IMG/pdf_

    … à cogiter

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  5. Sam dit :

    Ah quand même !

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