LeMonde – « Municipales : «Trop de corrompus sont réélus», dénonce Dominique Voynet »

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15 réponses

  1. goldo dit :

    Tout le monde sait que la politique n’est que magouilles,c’est d’ailleurs pour celà que le pays va si bien. Dominique Voynet est bien une des rares a le dire si haut et fort..Elle est honnête et courageuse. Goldo

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  2. Michel Ribay dit :

    Bonjour,

    Le plus simple, le plus pertinent en matière d’information pour est de s’attacher à lire in extenso Dominique Voynet dans le texte et non à se faire l’écho par extraits des commentaires de presse. La lire attentivement, précisément sans reprendre en titre des « raccourcis journalistiques » permettra à chacun de prendre toute la mesure de son geste et d’en apprécier les causes.

    « Je ne suis pas candidate à ma réélection à la mairie de Montreuil »

    J’étais une très jeune femme quand je me suis engagée en politique, il y a plus de trente ans. Mai 68 était passé par là, et nous croyions de toutes nos forces qu’on pouvait « changer la vie ».

    Avec d’autres, je me suis lancée à corps perdu dans la construction du mouvement écologiste. Nous étions écologistes, féministes, non-violents, européens. Nous pensions qu’une démocratie se juge à la qualité de ses contre-pouvoirs, au soin apporté aux plus faibles de ses membres, à l’émancipation et à l’autonomie des personnes, au haut niveau de solidarité entre elles.

    Très vite, nous ne nous sommes plus contentés d’alerter ceux qui nous gouvernent sur les risques d’un mode de développement goulu et injuste ; de les critiquer pour leur indifférence ou leur déni de ce que nous pensions être non pas une crise passagère, mais un nouvel état du monde ; de les convaincre qu’il était contre-productif d’opposer justice sociale et environnement, et que c’étaient les mêmes causes qui expliquaient l’exploitation des hommes et celles des ressources naturelles.

    Nous nous sommes présentés aux élections, pour aider à engager les chantiers nécessaires, pour prouver qu’on pouvait faire autrement, pour répondre aussi à la soif d’une mouvance militante qui expérimentait, inventait, proposait des solutions nouvelles pour demain.

    Ce fut, et c’est toujours, une œuvre collective. J’y ai pris ma part, en combattant le « ni-ni » et en ancrant les Verts à gauche. Au Conseil régional dans les années 80, au Parlement européen dix ans après, plus tard encore au Sénat, j’ai soutenu l’agriculture paysanne et l’économie solidaire, les sans papiers de St Bernard et l’Europe, la parité et le mariage pour tous, le désarmement nucléaire et la protection des océans, la transition énergétique et la lutte contre les paradis fiscaux. Première ministre écologiste de l’histoire de notre pays, dans le gouvernement de Lionel Jospin, j’ai prouvé – comme le font aujourd’hui Cécile Duflot et Pascal Canfin, que je soutiens de toutes mes forces – qu’on pouvait assumer de lourdes responsabilités sans se renier.

    En 2008, à la tête d’une liste de citoyens, « vraiment de gauche, vraiment différents », j’ai été élue maire de Montreuil – une ville « détenue » jusque-là, et depuis 75 ans, par le parti communiste et depuis un quart de siècle par une personne qui mit en scène tour à tour son appartenance au parti (qui le fit roi) et sa prise de distance avec lui.

    Ecologistes, socialistes, membres de la société civile, nous avons énormément travaillé.

    Nous avons inventé un pouvoir plus collégial, ouvert à la contestation les colonnes du journal municipal, soutenu les initiatives habitantes, mis en place des procédures transparentes et équitables d’attribution des logements, des places en crèche, des marchés publics, dissous les officines opaques, rompu avec le clientélisme, et parfois le communautarisme qui rongeaient la vie municipale.

    Nous avons redressé les finances de la ville, et celles de l’hôpital, en quasi-faillite en 2008, et mené à bien des chantiers engagés – et parfois enlisés – depuis des années, dans le quartier de la Mairie, dans le quartier Bel Air Grands Pêchers, construit et rénové selon les meilleurs standards écologiques des milliers de logements, réhabilité des dizaines de bâtiments dégradés et remis aux normes minimales de sécurité un grand nombre d’équipements municipaux qui étaient vétustes, archaïques et dangereux. Nous avons pris à bras le corps des questions peu populaires, comme l’insertion des Roms ou la reconstruction des foyers africains insalubres. Nous avons bâti et rénové des écoles, des crèches, des centres sociaux, des théâtres. Et une piscine écologique, et un cinéma de six salles, et un nouveau marché, et un nouveau centre de santé dans un quartier déserté par la médecine de ville.

    Nous avons engagé notre ville dans la construction d’une intercommunalité de bon calibre et obtenu des extensions de lignes de tramway et de métro attendues depuis 30 ans.

    Nous avons lutté contre les violences faites aux femmes et contre l’homophobie, conduit des Assises de la Culture, mis en place un Forum des Jeunes, résorbé la précarité et amélioré les conditions de travail des agents de la ville.

    Nous avons innové socialement et écologiquement, de l’épicerie solidaire aux jardins partagés, et – convaincus que l’écologie n’a de sens que si elle est populaire, que si elle permet de faire reculer les injustices et les inégalités – engagé cette grande ville de banlieue dans la transition écologique.

    Tous le disent, qui ne sont pas forcément de fervents supporters : nous avons fait bouger les lignes, et dans tous les domaines contribué à transformer Montreuil en profondeur.

    A la tête de cette équipe, et de cette ville incroyable, j’ai vécu une aventure passionnante, stimulante sur le plan intellectuel et infiniment riche sur le plan humain. Jamais je n’ai ressenti aussi fort la conviction d’être utile, de peser sur le cours des choses, au plus près des hommes et des femmes qui vivent, travaillent, apprennent, aiment, créent à Montreuil.

    Et pourtant, j’ai pris la lourde décision de ne pas me représenter en mars.

    Parce que je souffre profondément de la dégradation de la vie politique et du climat qui conduit, à Montreuil comme ailleurs, à englober tous les politiques d’une même suspicion, et de plus en plus souvent d’un même mépris, ceux qui ne cumulent pas comme ceux qui cumulent, ceux qui sont intègres comme ceux qui sont corrompus, ceux qui brossent leurs clientèles dans le sens du poil comme ceux qui refusent d’accorder des passe-droits, y compris à leurs plus proches amis ;

    Parce que je mesure que, pour être réélue, je devrais me résoudre à des compromis, à des alliances, à des prises de position, qui bousculent mes valeurs et mes convictions et me conduiraient à ne plus me ressembler ;
    Parce que je n’ai juste plus envie d’être la personne qu’il faudrait être pour résister imperturbablement aux banderilles plantées, à longueur de temps, au cours de conseils municipaux interminables, aux terrasses des cafés, dans les halls d’immeuble, à la sortie des écoles, par des gens dont le seul projet est de reconquérir ce qu’ils considèrent comme leur bien, leur fief, à n’importe quel prix.

    Je refuse de partir en campagne en promettant logements et jobs « à la mairie » à tour de bras, comme le font certains de mes adversaires depuis des mois ; de garantir à toute personne rencontrée dans la rue que sa demande, même injustifiée, sera traitée « en priorité », que son dossier, même mal foutu, sera placé « sur le dessus de la pile » ; de promettre à chaque dirigeant d’association évoquant sans pudeur l’imminence des élections une augmentation de sa subvention annuelle.

    Je refuse de « rendre coup pour coup », d’user du mensonge, de la calomnie et de l’insulte, tout comme je refuse l’intimidation physique et les menaces de « placardisation » dressées aux agents municipaux constamment instrumentalisés.

    Je refuse d’user de la démagogie la plus abjecte et d’arguments aux relents lepénistes – sur l’insécurité, sur les Roms – pour frapper à l’estomac les électeurs les plus fragiles ; de cautionner l’entrisme associatif et l’instrumentalisation des corps intermédiaires, qui colorent d’une caution citoyenne des manœuvres bassement politiciennes.

    Il se trouvera sans doute des commentateurs de la vie locale pour ricaner de mon choix, pour évoquer « la peur de perdre » ou « la fatigue émotionnelle ». Comme si le risque de perdre n’était pas inscrit dans le génome de ceux qui, comme moi, assument leur engagement dans un parti loin d’être majoritaire et leur refus obstiné de baiser la bague de quelque parrain que ce soit. Comme si mon rejet de la violence qui résume la vie politique de Montreuil, des rumeurs sordides, des attaques personnelles, était le signe d’une fragilité bien féminine…

    Je veux les rassurer : je suis en pleine forme. Je mesure le chemin parcouru, et en éprouve une vraie fierté. Je mesure aussi celui qui reste à parcourir pour conquérir la majorité culturelle qui, seule, garantira un soutien populaire durable au changement que j’espère et pour lequel je me bats.

    J’assumerai évidemment mes responsabilités de maire jusqu’au dernier jour de mon mandat, dans le souci de l’intérêt général, avec tous les membres de mon équipe, une équipe unie dont je suis fière. Je veillerai à la continuité du service public et au respect des agents municipaux dans cette période. Et j’assurerai, contrairement à ce que j’ai vécu en 2008, une transmission des dossiers qui garantisse une parfaite continuité du service public, dans l’intérêt de la ville et des habitants, quel que soit le nom de mon successeur.

    Dominique Voynet

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  3. Bill dit :

    Dommage qu’il n’y ait pas plus de politique aussi courageux.
    Ne vivant pas à Montreuil, je ne peux pas juger du bilan mais l’ambiance délétère qu’elle décrit me parait très proche.
    Lors des précédentes municipales et législatives, le climat dyonisien m’a horrifié. Les basses attaques et insinuations sans fondement étaient bien loin de constituer un programme constructif pour notre ville.
    On ne peut pas dire que les prochaines municipales s’annoncent d’un haut niveau vu les commentaires qui fleurissent déjà un peu partout. Le principal résultat d’une campagne de caniveau est l’abstention mais peut-être que ça sert les intérêts de ceux en place. Ca permet de sauver son poste, ses avantages et les réseaux en place avec très peu de voix…

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  4. citoyen93 dit :

    Je vais essayer d’éviter de tomber dans le travers de la vielle rhétorique sur le « Tous pourris » car cela est évidemment faux.
    Je vais juste dire que trop de politiciens sont de venus des professionnels de la politique.
    Des cumulards qui ont passé une vie entière à vivre de la politique.
    C’est trop.
    Les Braouzec, Mélenchon, Bayrou, Juppé, on les voit depuis plus de 30 ans.
    En ce qui concerne Mélenchon qui n’a jamais de mots assez durs sur le PS et les autres a passé 30 ans de sa vie au PS.
    Le même qui aujourd’hui vous explique qu’avec lui ça va changer.
    Braouzec et Paillard, c’est à peu près de la même veine.
    Ils représentent le seul parti qui n’ose même plus mettre son emblème sur des affiches de campagne électorale.
    Le parti est d’ailleurs un champ de ruines et il y a bien longtemps que les ouvriers ne votent plus PC.

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  5. Traz dit :

    ‘Mouais je serais plus mesuré quant à ses motivations et ses sorties dans la presse…..elle a surtout commandé un sondage qui lui attribuait 21% d intention de votes contre 38% pour son adversaire historique qui a tenu la mairie pendant près de 24 ans avant elle…..
    Elle a pour moi surtout pris conscience que la marche allait être trop haute pour elle cette fois ci et elle a préféré renoncer en soignant sa sortie

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  6. thierryb dit :

    @citoyen93
    les ouvriers votent majoritairement FN, est-ce vraiment mieux?

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  7. Pierre dit :

    Plus que du courage c’est de la lucidité de sa part, son bilan à Montreuil n’est pas des plus reluisant. Elle a donc préféré laisser tomber avant de se manger une taule dans les urnes.
    Si certain élus dionysiens pouvaient s’en inspirer…

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  8. reno dit :

    Une fois de plus, on reste assez embarrassé de la « contribution » de Michel Ribay qui visiblement a du mal à suivre…
    Après s’être lamentablement fourvoyé dans la comptabilité dérisoire des PV administrés dans le quartier de la gare, le voilà incapable de comprendre que les agissements dénoncés par Dominique Voynet dans ce texte sont précisément ceux de ses petits camarades de la Municipalité de Saint-Denis, par ailleurs de la « même eau » que les opposants de la maire de Montreuil.
    Brard-Paillard, même combat d’arrière-garde de vieux apparatchiks sclérosés… mais à Saint-Denis, Michel Ribay a choisi le camp de « ceux qui brossent leurs clientèles dans le sens du poil « .
    Et reproduire le beau texte de Voynet n’y changera plus rien…

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  9. citoyen93 dit :

    @thierryb
    Non, évidemment, je ne cautionne pas le vote vers le FN.
    Le PC a tourné le dos sur des questions sociétales de fond depuis plus de trente ans maintenant.
    Déjà du temps de Marchais on pouvait mesurer le fossé entre le discours de la nomenklatura et la réalité vécue au quotidien par la classe ouvrière (dont j’ai fait partie à une certaine époque).
    Des opportunistes comme Braouzec ou Paillard ont repris le flambeau par la suite en ayant jamais mis les pieds dans une usine de leur vie.
    Je crois même que Braouzec avant d’être politicien professionnel était instituteur.
    Quant à Paillard, j’aimerai bien savoir ce que s’il faisait avant, mais à mon avis, son parcours professionnel doit être aux antipodes des réalités ouvrières.

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  10. Sam dit :

    @Traz et Pierre

    Cela dit rien ne justifie les méthodes nauséabondes évoquées…

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  11. Traz dit :

    @Sam : On est bien d’accord…..

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  12. Sam dit :

    @Traz

    Sur la langue de bobo ? 😉

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  13. citoyen93 dit :

    En passant à Saint-Denis mercredi 27 novembre (et oui cela m’arrive de revenir dans la ville dans laquelle j’ai vécu 10 années). J’ai vu une affiche de campagne de Didier Paillard dans laquelle je pouvais lire le slogant suivant : « Ensemble écrivons une nouvelle page pour Saint -Denis ».
    Je n’ai pas pu m’empêcher de rire intérieurement en pensant que justement on aimerait tourner la page écrite par Monsieur Paillard et de passer à un chapitre un peu plus réjouissant.
    Au passage, exit le Saint Denis pour tous, le Saint Denis populaire par ci ou la solidarité par là.
    Cela m’a déçu.
    Ben alors Didier, on a petit coup de mou ?

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  14. Marion dit :

    Madame Voynet, par sa prudence éclairée par les sondages, a pris une décision sage et lucide qui inspire effectivement un certain respect, quoique l’on pense de ses options politiques par ailleurs.
    Hélas, à Saint-Denis, nous aurons l’aveuglement et le « jusqueboutisme » de l’équipe majoritaire, incapable de se remettre en question, emmurée dans son idéologie meurtrière, clivée du réel et du sentiment d’exaspération et de désespoir de la population, dont elle n’imagine pas le degré de rejet et de dégoût.

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  15. georges dit :

    Il quitte le navire Ribay ?

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