LeMonde – « Un quartier de Saint-Ouen entend bien résister aux dealers « 

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5 réponses

  1. Lazare dit :

    C’est tout à fait digne d’éloges, ne pas vouloir baisser la garde devant ces mafias qui pourissent la vie des habitants, mais ce n’est qu’une goutte dans l’eau. Admettons même qu’ils réussissent à faire déménager les dealers, ceux-ci iront un peu plus loin et ainsi de suite. Moi, je ne suis pas trop optimiste lorsque l’on voir certains pays, comme par exemple le Mexique, qui ont abandonné une grande partie de leur territoire aux narco-traficants. Notre cher allié l’Afghanistan continue à produire 80% de la cocaïne et doit bien l’écouler; notre cher ami le Maroc cultive avec sérieux la marie-jeanne et l’Europe est son débouché « naturel »; les narco-traficants colombiens aidés des mafias russes ne sont pas en reste; ces problèmes n’ont jamais été pris à bras le corps, faute de volonté, de moyens politiques ou techniques. Attention à ma souveraineté clame le Maroc ! et de quoi va-t-on vivre disent les Afghans ! L’argent généré par ce trafic est bien trop important (le mot est faible) pour que la simple marche d’habitants suffisent à l’éradiquer et j’ai bien peur qu’un jour on doive tout simplement composer avec comme s’il s’agissait d’un commerce « normal ». Je me souviens d’une de mes voisines, professeur dans un lycée de Belleville, qui avait été interpellée par un de ses élèves de 13-14 ans « combien tu gagnes, madame ? »,  » c’est quoi ça, une misère, viens avec moi, je te fais rentrer dans un réseau de drogue et tu gagneras le triple ou le quadruple ». C’était, il y a 10 ans.

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  2. Sam dit :

    @Lazare

    « C’est tout à fait digne d’éloges, ne pas vouloir baisser la garde devant ces mafias qui pourissent la vie des habitants, mais ce n’est qu’une goutte dans l’eau. » 
    Bien sûr que le trafic de drogue est beaucoup plus global. Bien sûr qu’il s’agit d’une guerre d’argent. Bien sûr que cette mobilisation est une « goutte dans l’eau ». Personne ne dit le contraire. 

    Si chaque pouvoir public agissait à son échelle et assumait ses responsabilités, ces citoyens n’auraient pas besoin de s’exposer et d’exiger les moyens appropriés pour que l’espace public ne soit plus confisqué par dealers et guetteurs. 

    Sinon, on laisse faire car personne ne peut rien et on attend que la Colombie, l’Afganistan et le Maroc règlent leurs problèmes internes …

    Une série que je conseille vivement « The Wire » (saison 3 – la plus époustouflante – est en cours de diffusion sur France Ô)…ça se passe à Baltimore et met en scène de manière très vraisemblable toutes les facettes complexes de trafic de drogues : réseaux locaux et internationaux, Politique, Education et le traitement de l’information par les médias. ça traite également de la légalisation de drogues et ses éventuelles conséquences.

    Oui la lutte contre la drogue est une lutte sans fin…et là où il n’y a plus de lutte, c’est tout simplement le début de la fin !

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  3. Thierryb dit :

    @Sam , pour être devenu un aficionado de « the Wire » – grâce à toi et Christophe- et justement regarder la saison 3, ce qui saute aux yeux c’est que cet argent de la drogue détruit les liens sociaux ( urbanité, scolarité , citoyenneté …) et que les mafias bénéficient de complicités d’élus et d’hommes d’affaires, que cette complicité soit volontaire ( financement, on est aux EU ) ou passive ( trouille de se mouiller, par ex.)
    Il me semble que ce qui reste ici du modèle républicain structure encore assez la société et vient s’opposer au modèle libéral désorganisé sur lequel se fonde le trafic ( un produit. Un marché, une zone à conquérir et conserver, des concurrents à contrôler , l’Etat( juges et flics) à contourner. )
    On a peut être ici encore des moyens d’action parce que le modèle de citoyenneté active au service de tous( le bien commun républicain ) offre des perspectives autres que la simple répression au nom de la morale. Mais on est pas loin, sur le terrain, de la réalité de Baltimore…cela fait quelques années que je constate que les trafics détruisent les esprits, les relations humaines à l’école ( la loyauté vis à vis du formateur et des camarades y est vue commenune faiblesse qui porte préjudice à la loyauté souterraine, par ex.)

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  4. Lazare dit :

    « Si chaque pouvoir public agissait à son échelle………. » Ouiche, mais le problème c’est que ce n’est pas le cas. Je ne pense pas que ce soit toujours par manque de bonne volonté mais parce la complexité du problème est telle que la solution radicale n’est pas prête d’être trouvée. Le trafic génère de tels revenus financiers que les dealers, les petits et encore plus les gros, ne sont pas enclins à mettre fin à leur trafic. C’est devenu un fait de société tel qu’il est maintenant impossible de faire marche arrière. Il aurait fallu sévir, mondialement, il y a une 50è d’années et ça ce n’a pas été fait. On a laissé la bête grandir, étendre ses tentacules dans tous les recoins de la société. C’est tout simplement ce que j’ai voulu dire et toutes les marches de citoyens, aussi respectables qu’elles soient, n’y feront rien, mais je ne dis pas qu’il ne faille pas en faire. ne serait-ce que pour entretenir la solidarité entre les habitants.
    Par ailleurs, pourquoi à la Courneuve plutôt qu’à Neuilly, facile : chômage, misère, argent facile, éducation en berne, repères sociaux frelatés..

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  5. Sam dit :

    Les quartiers de St Denis font ils parti des  « objectifs territoriaux du plan de lutte contre les stupéfiants » ?
    Sam

    SELON LA PRÉFECTURE DE POLICE, dont les services opèrent à Paris et dans les trois départements de la petite couronne, la lutte contre le trafic de stupéfiants est la « priorité des priorités ». (…)

    Ce « plan stup » de la Préfecture permet de coordonner, sous la direction de la police judiciaire, commissariats, groupements d’intervention régionaux ou encore direction du renseignement. Il a notamment permis de saisir plus de 5 tonnes de cannabis, 36 kg d’héroïne et 135 kg de cocaïne, ainsi que plus de 2 millions d’euros.

    La Préfecture a identifié un certain nombre de quartiers comme « objectifs territoriaux du plan de lutte contre les stupéfiants ». Parmi les affaires récentes, 660 kg et 120 000 euros saisis dans le quartier Saint-Blaise (Paris-20e), 208 kg dans la cité du Bois-l’Abbé, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), 10 kg au Luth, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), et, enfin, 152 kg de cannabis, 25 000 euros et cinq voitures saisies aux Boullereaux, à Champigny (Le Monde du 15 octobre).

    Le Monde le 27 Octobre 2011

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