Les Communes de Paris – Le WebDoc GrandParis

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1 réponse

  1. Anthony C dit :

    Ce monsieur ne se met pas du tout en cause. Les images parlent d’elles-mêmes, à commencer par la fulgurante dégradation des lieux. S’il a construit un pendant à la Cathédrale gothique de la ville (la basilique), c’est une cathédrale du non-sens, de la laideur, de l’étouffement de l’esprit, des espaces discontinus. La place du caquet est par la force des choses un lieu de vie, mais il est déshumanisé, anonyme. Ce n’est pas une place d’ailleurs, il n’y a ni banc, ni végétaux. On y passe en hâtant le pas, on ne s’y arrête jamais, à moins d’être un zonard à l’affut d’une fauche envisagée.

    J’ai lu que le nom « caquet » signifiait « lieu où les gens se réunissent pour parler, caqueter ». Écrasé par le poids des immeubles en encorbellement qui épuisent l’espace de la lumière du jour, étourdi par la rectitude des lignes, sans fioritures, aucun détail ne risque de capter l’attention, miné par la grisaille de l’ensemble, dégradé de gris, de noir, de vitres ternies et de carreaux froids délités, le badaud ne s’arrête pas dans ces lieux austères.

    L’ensemble manque cruellement d’inspiration et devient le symbole évident du Saint-Denis qui ne fonctionne pas, mené par des idées révolutionnaires sans fondement, capables de réduire à néant des quartiers historiques entiers, évacuant manu militari des milliers d’habitants attachés à leur lieu de vie et qui sous prétexte de requalifier des habitats anciens dégradés, se permettent d’effacer d’un revers de la main toute trace de vie, toute histoire locale façonnée par des siècles d’apports culturels et humains. Bulldozers et chape de béton immunisent à jamais de tout risque de retrouver un jour le moindre témoignage de vie antérieure.
    Rome ne s’est pas construite en un jour. La ZAC basilique à Saint-Denis si. Avant, rien (et pourtant…). Après? Sans doute pas d’avenir à long terme. Les lieux sont chaque année plus déprimants, dégradés, mal entretenus car difficiles à entretenir, sans âme. Nouveau constat: des commerces se ferment sans qu’un repreneur ne se présente. La contagion prendra. Prochainement, le lieu inhospitalier bien que central sera contourné par le plus grand nombre et deviendra fantomatique bien qu’habité.

    Et le pire est que le revers de la main condamnable sera un jour à nouveau nécessaire par faute sans doute d’avoir convenablement défini à l’époque les besoins humains et de les avoir organisés dans un souci de réalisation humaine harmonieuse.

    Toutes mes félicitations aux entrepreneurs de l’époque. Ferait-on mieux aujourd’hui? Probablement pas. Les fameux projets Gare et Porte de Paris dans le cadre du PNRQAD (programme national de requalification des quartiers anciens dégradés) mèneront essentiellement à la défiguration de ces deux quartiers inscrits pourtant dans une histoire d’origine lointaine, sous l’argument en partie fallacieux qu’il faut les raser pour les reconstruire, et dans la perspective essentielle de faire passer le taux de logements sociaux à plus de 30% (voir article JSD juillet 2009 http://www.lejsd.com/index.php?s=17… ). Ces quartiers historiques, par essence, n’en contenaient encore que peu, quand de grands ensembles le sont à 100%. La mixité sociale manquera un jour de sens lorsque toute la ville entrera dans le parc public ou associatif. Le ghetto est proche, mais la cause communiste doit être adoptée par le plus grand nombre d’électeurs potentiels vaille que vaille.

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