L’Ile-Saint-Denis « Mille architectes créent une ville éphémère »

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8 réponses

  1. suger dit :

    Je me pose une question que je vais formuler « brut de décoffrage » : cette « ville éphémère » est un bidonville, n’est-ce pas ? Je ne comprends pas alors la nécessité de mobiliser mille étudiants en architecture pour réaliser un bidonville, même écologiquement correct, à L’Ile-Saint-Denis…

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  2. Renaud dit :

    En quoi une ville éphémère serait-elle (forcément) un bidonville ???
    Et les problèmes de logement ne sont-ils pas assez centraux aujourd’hui qu’il faille dispenser les étudiants d’y réfléchir ?
    Voyez les réalisations de Shigeru Ban en matière d’habitat d’urgence : caisses de bière, panneaux bons marchés, tubes cartonnés et toiles (http://www.habiter-autrement.org/24…)… ou un peu plus « chic » ici (http://www.perlebiz.com/high-tech-b…)

    Etonnant, non !?

    Rassembler 1000 étudiants pour réfléchir aux questions du remploi, du démontable, de la qualité spatiale et accessoirement leur mettre un peu de concret entre elles mains est au contraire une initiative re-mar-qua-ble.
    Allez, le mieux est encore d’aller y jeter un œil demain… et puis comme nous disposons à deux pas d’un bel élément de comparaison avec le (vrai) bidonville du Stade de France, il y a aura matière à débattre encore…

    Renaud

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  3. suger dit :

    « Habitat d’urgence », relogement provisoire des victimes de catastrophes… Je suppose qu’il n’y a, sans doute, plus d’autres débouchés pour les étudiants en architecture dans notre pays…
    Mais je crains que les millions de mal logés en France attendent peut-être des logements pérennes qui ne soient pas construits avec des caisses de bières, des panneaux bon marché, du carton et des toiles. Cette esthétique de la catastrophe et du camp d’urgence risque de ne pas être à leur goût.
    Ayant résidé et travaillé dans un pays du Sud (on disait encore le Tiers-Monde) auprès d’étudiants en architecture, dont certains vivaient dans des bidonvilles, je sais qu’ils auraient apprécié à sa juste valeur ce genre d’initiatives « re-mar-qua-bles » : un amusement d’enfants gâtés de pays riches, une insulte à leurs égards.
    Si ces jeunes gens veulent voir ce qu’est vraiment la récupération pour tenter de se construire un habitat digne, qu’ils viennent dans les bidonvilles des pays du Sud ! Qu’ils viennent apprendre auprès des populations les trésors d’astuces dont ils font preuve pour s’offrir un toit ! Qu’ils apprennent aussi que celles-ci savent que seule la misère les contraint à vivre dans ces abris et que leur véritable espoir est de les quitter pour habiter de vrais logements !

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  4. alain dit :

    A première vue, le réemploi de matériaux détournés de leur usage d’origine n’est pas le monopole des « roms », pourtant eux ils y habitent (si j’ose dire) de façon pérenne malheureusement.
    Que des architectes de moins de 30 ans s’éclatent avec l’objectif de sensibiliser les populations sur nos gaspillages, après tout ce sont eux qui demain mettront en oeuvre des matériaux nouveaux issues de nos « déchetteries », n’est-ce pas là un des objectifs du trie sélectif. Pour autant la mode ‘bobo’ ne prendra pas l’ascendant sur les réalités. Mais ce n’est pas opposable. Le fait de vouloir construire des logements à bas coûts pour les pauvres n’est pas nouveau. A côté de PARIS 8, par exemple. Mais aussi la reconversion de « conteneurs » pour faire du logement étudiant, ou encore des projets de logements modulables qui ont vu le jour dans certaines ville peut regardantes sur le sort des plus démunis, des modules cellulaires en béton que des promoteurs ont proposés dans les années 90, au moment où l’Etat ne voulait plus financer le logement social.
    Bon, après, il faut bien voir que notre département n’a pas besoin de ce type de démonstration au risque de rencontrer les railleries des moins objectifs d’entre nous.
    Qu’ils s’amusent et qu’ils aillent voir plus loin si j’y suis.

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  5. Renaud dit :

    cher monsieur,
    j’avoue ne pas bien saisir les raisons de l’agressivité que je sens poindre dans votre réponse, d’autant que vous semblez amalgamer divers éléments de mon message.

    mais comme vous semblez pétris de certitudes inébranlables, je me permets juste de reprendre le « débat » à votre intervention initiale : vous avez affirmé que cette <« ville éphémère » est un bidonville, n’est-ce pas ? > Réponse : non !
    (un cirque est éphémère, un salon commercial, une exposition universelle le sont… mais malheureusement, rarement un bidonville ! justement)

    PS : vous n’avez pas l’exclusivité des expériences dans les pays pauvres du Sud, où là également, tout amalgame est généralement source d’incompréhension.

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  6. suger dit :

    @renaud : Si le « monsieur » en question est ma personne, permettez-moi d’être surpris. Je croyais que vous appeliez à débattre, mais, si je comprends bien, votre conception du débat exclut que l’on soit en désaccord avec vos idées. Un débat est pourtant une confrontation d’idées et d’arguments qui peuvent être opposés.
    Dans notre ville, nous sommes hélas habitués à ne plus pouvoir débattre car la parole est confisquée par la majorité municipale, ses amis et ses « experts » (notamment architectes et urbanistes). Pour une fois que nous pouvons débattre librement, grâce à ce site, vous refusez le débat en m’accusant d' »agressivité » et de « certitudes inébranlables »… parce que j’ose simplement ne pas être d’accord avec vous.
    Ayant à l’avance disqualifié mes propos, vous pourriez peut-être répondre aux remarques que contient le message d’alain, à moins que vous jugiez aussi qu’il fait preuve d’agressivité en émettant quelques doute sur l’intérêt de cette initiative.

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  7. Renaud dit :

    @suger… bien, nous sommes donc deux à être surpris !
    et peut-être n’avons-nous tout simplement pas la même notion du « débat » ; je serais heureux de pouvoir en parler avec vous (peut-être de vive-voix aussi, ce sera un plaisir de faire votre connaissance).
    Résidant depuis trop peu de temps à Saint-Denis pour être soupçonné de connivences (je l’espère en tout cas), et mon « expertise » se résumant à une modeste pratique n’ayant rien à voir avec le logement social, je me contente de contribuer aux discussions pour essayer de les « ouvrir » lorsqu’elles me semblent trop peu nuancées.
    Bien sûr, vous avez entièrement raison en affirmant que chacun attend des logements pérennes et effectivement, cela n’a pas toujours été le cas (ni même encore aujourd’hui). Les architectes peuvent à juste titre être interpelés sur le sujet, ainsi que les Bureaux d’Etudes Techniques, les Organismes de Contrôle, les Maître d’Ouvrage de tout poils et Organismes Gestionnaires et enfin, nous tous qui pesons peut-être insuffisamment sur les élus en charge de ces sujets.
    Cela posé, en quoi cette manifestation, Bellastock, est-elle en contradiction avec la question du logement pérenne ? Regardez les travaux de Lacaton et Vassal…
    Alain l’a bien exprimé, c’est un enjeu central dont il est question : recycler, construire à moindres coûts, tant en énergie grise qu’à l’usage puis recyclage, même du logement. En quoi une manifestation d’étudiants se confrontant au réel d’un territoire rude à tous égards (vous) pose-t’elle problème ? Ces étudiants effectuent par ailleurs des stages en entreprises, dans les ateliers de leurs ainés, et sont ici mis à contribution pour arpenter et découvrir un site, concevoir leur projet et le bâtir avec les moyens du bord. S’ils le font dans un esprit d’ouverture et de bonne humeur (je traduis ainsi cet « amusement » que vous leur prêtez), tant mieux ! Et faut-il forcément y voir une forme de cynisme de notre société ? Je ne le crois pas.
    On peut leur souhaiter, comme vous le faites me semble-t’il, qu’ils aient d’autres sujets à traiter que le logement d’urgence, mais reconnaissez que l’urgence est là ! A mon sens, il serait incompréhensible que les architectes s’en détournent. D’illustres prédécesseurs (je pense à Prouvé) se sont confrontés à des problématiques similaires avec succès et talent, il n’y a là rien de méprisable.
    Suger, j’espère que vous mettez aussi votre talent de contradicteur pour interpeler nos élus sur leurs actions en matière d’habitat et logements… ils ont beaucoup plus de pouvoirs que les architectes qu’ils mandatent.
    Sur la contribution d’Alain, il me semble au contraire que dans un département où les déchets pullulent, exposer leur reconversion a un certain sens justement (Versailles aurait été préférable ?)

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  8. suger dit :

    @renaud : Vous finirez peut-être par me convaincre de l’intérêt de cette initiative et j’entends vos arguments sur la formation des étudiants en architecture. Disons que c’est l’ambiguïté dans le contenu de cette manifestation qui m’a poussé à réagir vivement. Ces initiateurs en jouent habilement et les journalistes reprennent leur dossier de presse sans aucun recul critique (les articles du « Parisien » comme du « Monde » avaient quasiment le même contenu…). S’il était clair qu’il s’agit d’expérimentation sur des matériaux recyclés et non de promouvoir je ne sais quel habitat à moindre coût pour les mal-logés, je n’aurai pas grand chose à redire.
    Je suis d’accord avec vous sur la responsabilité des élus (et cela fait vingt ans que je tente de les interpeller, mais j’avoue y avoir renoncé depuis quelques années face au manque d’ambitions et à la médiocrité de la majorité actuelle du Conseil municipal). Mais je sais aussi à quel point les « experts » savent aller dans le sens du vent pour faire avancer leurs projets, quelqu’en soient les conséquences pour la population. Ce serait avec plaisir que j’échangerais à ce sujet avec vous, de vive-voix, car je suis convaincu de la sincérité de vos positions.

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