Lola – Il y a une nouvelle grève à la crèche où mon fils est accueilli… »préparez-vous, il y a tout le temps des grèves »…

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14 réponses

  1. Sam dit :

    Ci-dessous les courriers de Lola.

    MAIL AU SERVICE PETITE ENFANCE

    « Bonjour,

    Je fais suite à notre entretien téléphonique de ce matin, 20 octobre 2009.
    J’apprends ce matin qu’une nouvelle grève aura lieu ce jeudi 22 octobre 2009 (après celle du mercredi 7 octobre 2009, il y a 15 jours) et que dans la crèche où mon fils est accueilli ce sera à nouveau la section des bébés à être fermée.

    La Directrice de la crèche de mon fils dit que c’est à votre niveau qu’on décide que les sections fermer. C’est pour cela que je vous interpelle.
    J’ai bien entendu votre argument selon lequel la grève est un droit. Néanmoins, en fonction du contrat que nous avons signé, mon fils a également le droit d’être accueilli, d’autant plus que la crèche de mon fils reste ouverte pour les autres sections. La fermeture à répétition de sa section, me fait penser que les bébés sont des enfants de second rang. Si ceci est vrai, je demande une diminution de la participation économique relative à la section des bébés, qui pour l’instant est équivalente à celle des autres sections. Je demande donc que soit baissée la participation pour la première année de crèche, ou que, en alternative, les désagréments des grèves soient partagés avec les autres parents d’enfants dans d’autres sections.

    Bien cordialement, »

    MAIL AU PREFET ET SS-PREFET

    « Monsieur le Préfet,

    Je me permets de vous contacter au sujet du service minimum, ayant lu que c’est de votre ressort d’en faire respecter l’application aux communes.
    Mon bébé de 9 mois est accueilli dans une crèche de Saint Denis.
    Suite aux grèves du mercredi 7/10/2009 et du jeudi 22/10/2009 la section des bébés (et seulement celle-ci) sera fermée. A mes demandes d’accueillir les bébés cette fois-ci, il m’a été répondu que les bébés sont moins nombreux. Naturellement aucun service minimum ni autre solution d’accueil a été envisagée, ni par la Directrice de la crèche ni par la Mairie (entretien téléphonique avec la Directrice de la Petite Enfance).

    Y a-t-il des solutions mises en place par le Département? Ou des recours pour les parents pour que nos enfants ne soient pas refusé tous les 10 jours travaillés ? Pour respect de votre temps je ne vous fais pas part de mes difficultés pour l’organisation d’une journée de garde alternative sous 2 jours, alors que, étant salariée dans le privée, je n’ai pas la possibilité de m’absenter aussi souvent sans risques pour ma situation professionnelle.

    Merci d’avance »

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  2. Joëlle dit :

    Lola, je vous comprends. C’était pareil quand mon enfant était petit (grèves en décembre 1995). Sans compter les grèves à l’école maternelle. De plus, les enseignants et le personnel cantine et centre de loisirs ne faisaient pas grève en même temps…
    Heureusement, papy et mamie ont été là.
    Il faut qu’il y ait un « service minimum » assuré, en tout cas pour les enfants dont les parents travaillent.

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  3. alain dit :

    Je ne crois pas que la loi (contestable) du service minimum s’applique aux crèches…à vérifier…

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  4. Zozo dit :

    Personne ne conteste le droit de grève mais que faire dans ce genre de situation ? Comment éviter les dégâts collatéraux ?

    La plupart de personnes qui ont recours aux crèches travaillent dans le privé…alors ?

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  5. marco dit :

    Les dernières résistances au rouleau compresseur libéral se situe ces dernières années le plus souvent dans le public (mouvement des enseignants en 2003, grandes grèves de 95, luttes à la sncf…) Donc comme dans le privé on veut casser toutes velléités de résistance avec le développement de la précarité, la mise en concurrence des salariés (salaires individualisés, primes, évaluations au mérite) avec un objectif évident : déstructurer les collectifs de travail et toute manifestation de solidarité. Le service minimum participe à cette offensive : rendre inopérant le rapport de force crée par la grève. Le pire c’est que pour les usagers la qualité du service s’en ressent, le sens du travail étant fortement attaqué dans un environnement hyper-concurrentiel où le « chacun pour soi » nuit au travail et à l’élaboration collective. A quand le symptôme france-télécom dans nos écoles ??

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  6. goldo dit :

    le symptôme France Télécom pourrait se trouver dans plusieurs lieux (écoles, poste, hôpitaux) car rien ne va plus nul part.
    Combien de temps d’attente au bureau de poste ? Aux urgences médicales ? Combien manque t-il d’infirmiers ? De médecins ? De soignants en tout genre ?

    Nous sommes effectivement dans une société individualiste ce qui fait la force de Sarko. C’est pourquoi je tiens tant au rassemblement de tout le monde pour défendre notre ville sans aucune polémique sur les idées de chacun.

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  7. Sam dit :

    Ok, ok…je propose que marco et/ou goldo fasse un article sur France Télécom ou sur le service public.

    En attendant, revenons au sujet de l’article. Lola travaille dans le privé et se retourne vers les autorités pour trouver une solution pour ces grèves à répétition spécifique à cette section de la crèche !!!

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  8. marco dit :

    Moi aussi je me suis retrouvé pénalisé le 7 et le 22 avec une garde à trouver … Peut-être que du côté des parents y a des solidarités à mettre en place.

    Après moi, je soutiens ces mouvements à 100%, d’autant plus que l’assemblée nationale le 4 novembre dernier vient de retoquer l’encadrement en crèche, on risque de se retrouver avec un taux d’encadrement de un professionnel pour 6 enfants qui ne marchent pas et un pour 9 qui marchent. Proprement scandaleux !!! Pour le personnel et nos bébés.

    Donc à la limite il faudrait un rapport de force bien plus fort avec des parents en soutien (et là peut-être que des solidarités s’exprimeront). La question à moyen terme ne sera pas  » les jours de grève comment faire «  mais plutôt puis-je confier mon bébé à des structures devenues très limites au niveau de l’accueil ?

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  9. Thomas dit :

    Salut,

    je rejoins Marco dans son analyse. Je suis prof’ en lycée pro’ à Bobigny, le fameux lycée qui paie les élèves pour leur présence en cours… Nous, enseignants, on crie, on hurle, on bouge, on fait grève et tout le monde s’en fout ! La grève casse les pieds, ça crée de la tension, ça nous détourne de nos motivations premières qui sont le bien être des enfants, ça nous fait perdre de l’argent et , c’est vrai, de nos jours, ça n’abouti plus vraiment à grand chose.

    Un syndicaliste m’a dit un jour : « un mouvement de parent en votre faveur, ça équivaut à 5 jours de grève du personnel d’un point de vue de l’impact »… Les conditions d’accueil des bébés, des enfants, des adolescents sont de plus en plus scandaleuses dans ce pays. Tout ça ne regarde pas que les professionnels de la profession, mais tout le monde, car c’est d’un choix de société ouverte pour tous dont il s’agit.

    Je ne jette pas la pierre au personnel en grève, j’ai moi-même une fille de 14 mois, je ne connais pas ce problème précis, mais quelque chose me dit que le personnel de cette institution aurait peut-être besoin d’un coup de main.

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  10. Lola dit :

    Bonjour,

    le préambule de mon discours était justement là pour éviter ce débat pro ou contre la grève. J’ai mes idées sur l’opportunité de ces grèves à répétition qui n’arrivent même pas dans la 2ème page de Google actualité, mais tant que la grève en France est un droit (c’est la réponse toute faite qu’on me donne à plusieurs niveaux), loin de moi l’idée de la mettre en cause.

    Le point est : 2 grèves en 2 semaines, toujours la section de mon fils fermée (seule dans la crèche), et moi qu’est-ce que je fais ? Mon employeur rechigne à me donner des jours (d’autant plus que quand il n’y a pas grève mon fils est malade, ce qui est le propre des bébés en bas âge). Pourquoi doit-on faire intervenir un réseau d’entre aide parentale ? Cela signifie énormément de responsabilités, surtout quand ça concerne des tout petits. Sans compter les problèmes (que les responsables évoquent sans cesse) de reconnaissance (il est difficile de laisser des petits à des gens qu’ils ne connaissent pas). Je paie pour un service de garde : possible que je ne puisse pas avoir la certitude qu’il y sera accueilli ? Et pourquoi toujours les bébés ? Méritent-ils moins d’être accueillis que les grands ?

    On m’a dit: si dans votre travail vous ne pouvez pas vous absenter quand vous voulez, peut-être que la crèche n’est pas faite pour vous. Dommage que tous les autres moyens de garde coûtent le double. Pour être claire : je fais partie de la classe moyenne qu’ici on hait, je pourrais donc me payer une assistante maternelle si vraiment ça devenait insupportable ou une nounou pour les journées de grève. Mais si j’avais un petit salaire je ne pourrais pas. Si c’est ça qu’ici on appelle être communiste et se battre pour les plus démunis je crois que nous voyons la chose différemment.

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  11. Sam dit :

    Thomas, entre collège et crèche les problématiques ne sont pas comparables. Mais je suis d’accord avec toi ce qui se passe est scandaleux et mérite la mobilisation d’autres personnes que le personnel enseignant.

    Le souci c que nous sommes tous accaparés par d’autres soucis et beaucoup de gens à Saint-Denis sont dans la survie…

    Personnellement, je n’ai pas d’enfants alors c difficile de suivre et d’être au fait des difficultés rencontrées au quotidien par les parents et enseignants…mais je suis reconnaissante à l’école public et j’aimerais bien être informée pour aider si besoin. Alors le blog est là pour informer, échanger et débattre …nous comptons sur les enseignants et les parents pour prendre la parole.

    Lola qui t’as répondu « si dans votre travail vous ne pouvez pas vous absenter quand vous voulez, peut-être que la crèche n’est pas faite pour vous »…c inadmissible car c le cas de la plupart de personnes qui travaillent à l’autre bout de la région et essentiellement dans le privé. On ne travaille pas à la carte !!!
    Et puis c dans ce genre de lieu que la mixité entre bébés de différentes classes commence…non ?

    Lola, est-ce que vous connaissez la raison de ces grèves à répétition qui ne touchent que la section des bébés ? Est-ce que d’autres blogueurs d’autres quartiers sont confrontés à des soucis identiques ?

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  12. Thomas dit :

    Salut à tous,

    J’essaie au maximum d’éviter ce débat public-privé, car la réalité est complexe. Les couples sont souvent « mixtes » : l’un bossant dans le public, l’autre dans le privé. Dans le public, beaucoup de salariés ont aussi une pression énorme de la part de leur « chef » et ne peuvent pas s’absenter à la carte non plus. Les enfants en bas âge à faire garder quand il y a un problème à la crèche ou quand ils sont malades, ça concerne tout le monde : salariés du privé, salariés du public, demandeurs d’emploie, etc.

    Le but de mon post’ était d’expliquer qu’en général, (et je ne parle pas de ce cas particulier que je ne connais pas) la grève est le seul moyen de se faire entendre… et pourtant il est devenu stérile, il ne fonctionne plus et il rend les personnels d’éducation encore plus impopulaires qu’ils ne le sont.

    Pour ma part, je n’ai pas de solution, et, bien que prof’, j’essaie de ne pas donner de leçon parce que je ne suis sûr de rien. Nous sommes dans un département où, c’est vrai, les parents ont en règle général d’autres soucis. C’est pour cela que l’on rencontre aussi énormément d’aberrations dans le système éducatif au sens large en Seine-Saint-Denis. En effets, les pouvoirs publics n’accueillent pas les enfants de la même façon qu’il soient de Neuilly-sur-Seine, de Saint-Germain-en-Laye, ou bien qu’ils soient de Pierrefitte, de Saint-Denis ou de Bobigny. Les parents d’ici (et je ne jette la pierre à personne, ce n’est pas un jugement, juste une constatation) ne se mobilisent pas. À titre d’exemple, dans mon bahut, un collègue de maintenance qui est parti en retraite l’année dernière n’est toujours pas remplacé. Depuis la rentrée, la classe concernée a 8 heures de trou dans son emploi du temps, et personne pour s’en émouvoir malgré les appels de la communauté éducative. Combien de temps faut-il d’après vous pour remplacer un prof’ d’anglais à Henri IV ?

    Voilà, la seule certitude que j’ai, c’est que quand les parents bougent (car les parents sont des électeurs) les choses changent plus vite si elles doivent changer. Et loin de moi toutes œillères quant aux difficultés qu’ont les parents pour faire garder leurs enfants les jours de grève. Le but n’est pas d’être solidaire coûte que coûte avec un collègue prof’ ou assistant maternelle, mais bien de se questionner pour que le problème soit résolu efficacement sans que l’on soit pour autant obligé de se retrancher dans nos cases public-privé. Je le répète, c’est d’un choix de société qu’il s’agit, pas d’autre chose.

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  13. marco dit :

    Peut-être que les grèves sont devenues stériles car elles se limitent le plus souvent à des ballades nation-république catégorielles (un jour l’industrie, l’autre les enseignants,le troisième les postiers…)

    Il serait temps de s’y mettre tous et dans la durée, sinon je sais pas trop ce qui nous restera à défendre car comme le dit si bien le milliardaire américain Warren Buffett : « La lutte des classes existe, et c’est la mienne qui est en train de la remporter. »

    NB : Lola, je ne pense pas que les grévistes de ta crèche soient toutes des horribles communistes le couteau entre les dents, peut-être qu’elles ont quelques raisons à perdre délibérément de l’argent lors de ces mouvements.

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  14. Lola dit :

    Voici les liens pour les grèves en questions:

    Grève du 7 octobre, « pour un travail décent »
    http://www.lejdd.fr/Societe/Social/

    grève du 22 octobre (plus difficile de comprendre, ils parlent d’emplois industriels?):
    http://daccgtculture.over-blog.com/

    Encore une fois, je me répète, je ne voulais pas faire de la polémique sur les grèves, mais sur la gestion du phénomène à Saint Denis. En effet, ce qui serait intéressant, serait de savoir comment les crèches ailleurs qu’ici sont impactées. Ailleurs que dans la « ceinture rouge », y a-t-il autant de grèves? on ferme toujours une seule section (parce qu’il y a moins d’enfants)? on accueille les enfants mais dans des moins bonnes conditions?
    Par exemple, une amie, qui habite dans le 78, n’a jamais été confrontée à une seule grève en 2 ans et quelque de crèche.

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