Saint-Denis au Quotidien

Vivre, s'équiper, s'habiller au nord de Paris

Trouver un médecin traitant quand il n’y en a plus

Avatar de Maëlenn Sabourin

·

4 min de lecture

Un médecin traitant qui part à la retraite, une liste de patientèle fermée partout ailleurs : trouver un nouveau médecin référent en ville dense relève parfois du parcours du combattant, alors même que ce choix conditionne le niveau de remboursement de la plupart des soins.

Le rôle du médecin traitant dans le parcours de soins

Déclarer un médecin traitant à l’Assurance Maladie n’a rien d’une formalité administrative : ce choix détermine le parcours de soins coordonné, c’est-à-dire le circuit normal de prise en charge qui passe par ce médecin avant, le cas échéant, une orientation vers un spécialiste. Ce médecin garde le dossier médical à jour, coordonne les traitements en cours et reste l’interlocuteur de référence en cas de doute sur un symptôme nouveau.

Consulter un médecin en dehors de ce parcours coordonné, faute de médecin traitant déclaré, entraîne une prise en charge réduite par l’Assurance Maladie : le taux de remboursement de la consultation diminue sensiblement par rapport à une consultation effectuée dans le cadre du parcours normal. Cette différence, invisible tant qu’on ne consulte pas, devient concrète dès la première feuille de soins reçue sans médecin déclaré.

Cette majoration ne concerne pas seulement le portefeuille : elle traduit aussi une rupture dans le suivi médical, puisqu’aucun praticien ne centralise plus alors l’historique des consultations, des traitements en cours ou des allergies connues. Pour une personne suivie pour une pathologie chronique, cette absence de coordination pèse davantage que le simple écart de remboursement, en multipliant les interlocuteurs sans vision d’ensemble du dossier.

Pourquoi la recherche tourne court dans certains quartiers

Dans les zones urbaines denses où la patientèle est nombreuse et le renouvellement des générations de médecins généralistes plus lent que les départs à la retraite, de nombreux cabinets affichent une liste fermée aux nouveaux patients. Le phénomène touche particulièrement les nouveaux arrivants dans un quartier, sans antécédent connu d’un médecin local, ce qui les place en bas de la liste d’attente de fait.

Les centres de santé municipaux ou associatifs, quand ils existent, acceptent parfois de nouveaux patients plus facilement qu’un cabinet libéral saturé, avec un fonctionnement en équipe où plusieurs praticiens se partagent le suivi. Une maison de santé pluriprofessionnelle constitue une autre piste, souvent moins connue, car elle regroupe plusieurs professionnels de santé sur un même lieu et peut absorber une partie de la demande qu’un cabinet isolé ne peut plus traiter.

Les jeunes médecins qui s’installent pour la première fois ouvrent en général leur patientèle plus largement que leurs confrères déjà établis, du moins le temps de constituer leur clientèle. Se renseigner sur les installations récentes dans le quartier, parfois annoncées par une simple plaque neuve sur un immeuble, permet de repérer une opportunité que les annuaires en ligne ne signalent pas toujours avec la même réactivité.

Les démarches concrètes pour ne pas rester sans solution

L’Assurance Maladie met à disposition un annuaire permettant de rechercher les médecins généralistes acceptant de nouveaux patients dans un secteur géographique donné, un outil à privilégier avant de démarcher les cabinets un par un par téléphone. En parallèle, signaler l’absence de médecin traitant à sa caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) peut, selon les situations, ouvrir droit à des dispositifs locaux d’aide à la mise en relation, variables selon les territoires.

Le détail des démarches et de l’annuaire de recherche figure sur ameli.fr, le site de l’Assurance Maladie. Renouveler la recherche régulièrement, plutôt qu’une seule fois, augmente les chances d’aboutir : les listes de patientèle s’ouvrent et se referment au fil des départs et des arrivées, et un cabinet fermé un mois peut rouvrir ses portes au suivant. En attendant de trouver un praticien disponible, les pharmacies de proximité et les centres de santé restent des points de contact utiles pour un premier avis, sans se substituer au suivi coordonné qu’apporte un médecin traitant déclaré, un enjeu de proximité qui n’est pas sans rappeler celui de l’accès aux commerces, traité du côté de nos équipements pour la ville dense.


Avatar de Maëlenn Sabourin

À lire aussi